IA : « Comme l’électricité, elle va rentrer dans tous les foyers »
IA : « Comme l’électricité, elle va rentrer dans tous les foyers »

L’ingénieur et écrivain sétois Moquadem Shomiti, nom de plume de Dominique Thomas, présent au Festival des Automn’Halles jusqu’à ce dimanche 27 septembre, compare l’essor de l’intelligence artificielle à celui de l’électricité. Selon lui, l’IA « va rentrer dans tous les foyers » et suscite des inquiétudes similaires à celles de la révolution électrique du début du XXe siècle.

Une révolution technologique comparable à l’électricité

Dominique Thomas, ingénieur en développement informatique, a enseigné les mathématiques à l’université dans les années 1980, où il développait déjà des systèmes d’IA, bien avant l’ère des traducteurs automatiques. Plus de quarante ans plus tard, il constate : « Je pense que l’on est dans la même situation que lorsque l’électricité a été inventée. Nous sommes à la veille d’un saut technologique et d’une révolution technologique gigantesque, qui aura des répercussions fabuleuses. Ce saut est probablement plus vertigineux encore car les techniques sont aujourd’hui plus puissantes et que les résultats des recherches sont mondialisés. »

Dans son dernier roman, La Lampe (2025, Éditions Maïa), il décrit la période 1900-1914, marquée par l’essor industriel et domestique de l’électricité. Il y voit un parallèle avec l’IA : « Musk dit qu’il va construire deux milliards de robots. Comme l’électricité, l’intelligence artificielle va rentrer dans tous les foyers. Et comme pour l’électricité, cette révolution technologique suscite les mêmes inquiétudes. Les peurs de l’homme ont toujours traversé les siècles. Aujourd’hui, c’est une bonne peur car elle pose des questions philosophiques, sociétales et civilisationnelles de fond. »

Une démonstration historique par l’IA

Dominique Thomas cite un exemple récent : l’IA d’Anthropic a « formalisé » en moins de quinze jours un théorème des nombres polygonaux de Fermat, que les meilleurs mathématiciens mondiaux n’avaient pas réussi à démontrer en plusieurs décennies. « Pour la première fois, l’IA a travaillé par analogie et plus seulement avec des algorithmes. On se retrouve dans un monde qui peut être détruit et au sein duquel, dans le même temps, les technologies révolutionnaires qui arrivent permettent de faire un saut quantique considérable pour l’homme. »

L’auteur, natif de Haute-Saône, est installé à Sète depuis 2019. Il raconte avoir connu la ville à l’âge de 7-8 ans lors de vacances en famille : « On pouvait camper sur la plage. C’était la liberté, les premières amours, les feux de camp, les séances de guitare… Au départ, c’est ça mes souvenirs de Sète et c’est à cet âge-là que je me suis dit que je viendrais y habiter un jour. » Il apprécie aussi le caractère cosmopolite de la ville : « C’est une ville d’échanges, avec un port et des pêcheurs. On y trouve des Italiens, des Espagnols… Il y a une circulation des choses et des idées. »

Dernier jour des Automn’Halles

La 17e édition du Festival du Livre Les Automn’Halles se poursuit ce dimanche 27 septembre à la médiathèque François-Mitterrand, de 10 h à 18 h. Au programme : rencontres avec Christian Chavassieux pour “Cortes BD” (Glénat) et son illustrateur Cédric Fernandez, Mye pour “Belette” (Le Tripode), Michelle Pédinielli pour son polar “Un seul œil” (L’Aube), Anouchka Vasak pour “Le Lieu du bleu. Enquête sur un ciel de Provence” (Anamosa) et Dimitri Rouchon-Borie pour “Mouette” (Le Tripode). Toutes les entrées sont libres. Moquadem Shomiti signe ses romans (*) jusqu’à ce soir, dont La Lampe, De si belles déchirures (2023), Touché en plein Caire (2021) et Les chants d’amour aux lèvres des statues (2018).