Habitants des Hauts-Cantons privés de télécoms depuis 4 mois après la tempête Nils
Privés de télécoms depuis 4 mois dans les Hauts-Cantons

Depuis le passage de la tempête Nils en février, environ 200 habitants des Hauts-Cantons de l'Hérault sont privés d'internet, de téléphone fixe et de télévision. Ils expriment un sentiment d'abandon et d'isolement.

Une situation qui dure depuis quatre mois

Dans la nuit du 11 au 12 février, la tempête Nils a brisé des poteaux et arraché les câbles traversant la D147, emportant avec elle le réseau internet, téléphonique et la connexion télévisuelle de trois hameaux de la commune de Verreries-de-Moussans : les Albières, la Feuillade et la Borio Crémade. Depuis, Josyane et une douzaine de familles sont coupées du monde. À 25 km de là, au Soulié et à la Goutine-de-Maure, la même tempête a endommagé les poteaux de la fibre. Les habitants doivent téléphoner depuis leur jardin pour avoir une conversation.

Au total, 1 300 usagers ont subi des coupures après le passage de Nils. Aujourd'hui, encore 200 Héraultais sont privés de réseaux. Alors que le Département a déployé la fibre à grande échelle via Hérault Numérique, promettant une « juste égalité des territoires », les habitants s'interrogent sur l'efficacité du système.

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Des témoignages de détresse

Josyane a dû se rendre chez des amis d'un village voisin pour faire sa déclaration d'impôt : « À l'heure du tout numérique, c'est presque impossible de faire ses démarches sans internet », déplore la septuagénaire. Atteinte d'une maladie cardiovasculaire, elle s'inquiète surtout de ne pas pouvoir appeler les urgences. Sa voisine Denise a vécu une situation similaire lorsque son mari a fait un malaise : « J'ai dû me déplacer pour contacter les urgences. »

« On entend parler de la 5G mais on n'a toujours pas internet », ironise-t-elle. Dans le hameau de la Goutine-sur-Maure, Jean Pougnet utilise un petit routeur au faible débit, privé de téléphone fixe et de télévision. Il refuse d'utiliser les réseaux Starlink, ne voulant pas « donner de l'argent à Musk ». Il regrette surtout les dépenses publiques pour désenclaver numériquement les zones blanches : « Je crains que l'installation de la fibre en moyenne montagne se solde en grande gabegie. »

« Ils ont voulu faire des économies en utilisant des poteaux et en faisant de l'aérien plutôt qu'en enterrant les câbles, résultat c'est inutilisable. Nous savons depuis longtemps que les chutes d'arbres sont fréquentes ici », s'exaspère-t-il.

Un sentiment d'abandon partagé

« On se sent vraiment oublié et seuls au monde », soupire Denise, un sentiment partagé par ses voisins. Ils ne savent pas vers qui se tourner : « Le Département nous renvoie vers Orange et Orange nous mène en bateau », résume-t-elle.

À Saint-Chinian, un incendie a détruit une armoire électrique de la fibre optique dans la nuit du 13 au 14 juin, privant une partie des habitants d'accès internet. Le réseau doit être rétabli le 7 juillet.

Les autorités réagissent

Le directeur de l'aménagement numérique du conseil départemental de l'Hérault, Laurent Gras, s'est rendu dans les Hauts-Cantons pour évaluer la situation. Il reconnaît l'importance des dégâts : « La tempête a été un événement majeur, très impactant. Il a fallu aller chercher des câbles dans une rivière, travailler sur de fortes pentes avec des arbres arrachés. »

Le Département supervise les réparations, mais Orange est responsable de la maintenance. « Avec le président du Département et le préfet, nous avons écrit une lettre de mise en demeure à Orange pour les inciter à agir plus vite. Quatre mois, c'est long », précise-t-il. Concernant l'enfouissement du réseau, il explique que cela coûte dix fois plus cher que l'aérien, avec un coût moyen de 100 000 € par kilomètre. 385 millions d'euros ont déjà été investis dans le département pour la fibre. Les futurs poteaux seront en métal, plus solides, et testés l'hiver prochain.

Des réparations sont prévues dans les prochaines semaines à la Caunette, Olargues, Riols, Saint-Julien, Saint-Vincent-d'Olargues et Verreries-de-Moussans.

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