Narbonne : immersion avec les futurs développeurs web de l'école régionale du numérique
L'école régionale du numérique a ouvert ses portes à Narbonne, offrant une formation prometteuse aux apprenants désireux de se lancer dans le développement web. Dans une salle surchauffée, une citation de Roosevelt orne le mur, tandis qu'un rétroprojecteur et une longue table réunissent une quinzaine d'étudiants. Dans quelques mois, ils seront développeurs web, animés par une motivation sans faille.
Axel Delbourg : un parcours chaotique vers le numérique
Axel Delbourg, 29 ans, fait partie de cette promotion. Son écran d'ordinateur affiche un écran noir, composé uniquement de chiffres et de lettres formant le code des pages web. "J'ai eu un parcours chaotique, confie-t-il. J'ai eu du mal à trouver ma voie, puis je suis tombé sur cette formation par miracle !" C'est sa mère qui a découvert l'annonce sur Facebook. Lorsqu'il a postulé, ses futurs enseignants ont immédiatement perçu sa détermination. "Si je suis là, je sais pourquoi !" Narbonnais, Axel a entrepris des études d'informatique. "J'ai toujours travaillé, dans la manutention en intérim, la restauration rapide et les bars, mais pas dans le numérique. Il me fallait une spécialisation", explique-t-il. La formation, axée sur la pratique et la mise en application, lui offre des "conditions de travail réelles". Son rêve : exporter son talent, peut-être en Nouvelle-Zélande, en Australie ou en Irlande.
Jennifer et Marlène : des parcours atypiques
Jennifer Azimheira, 28 ans, et Marlène, 37 ans, envisagent également l'expatriation. Marlène se verrait bien quitter Narbonne pour l'Espagne. "La finalité est de travailler à mon compte", dit-elle. Ancienne collaboratrice dans la grande distribution et spécialiste du monde canin, elle est convaincue que "devenir développeur web est un travail d'avenir, avec beaucoup de demandes et d'offres". Marlène a une "idée d'application en tête", née d'une expérience douloureuse : le vol de son chien. "J'aimerais rassembler toutes les annonces concernant les chiens perdus", assure-t-elle. Il n'est pas impossible de la retrouver bientôt en pépinière d'entreprise, à Nucléum par exemple. Jennifer, coiffeuse de formation, est passionnée d'informatique. Elle souhaite poursuivre dans cette voie après sa formation certifiante, pourquoi pas en master.
Bruno Lapierre : de l'enseignement au code
Bruno Lapierre, 34 ans, vient du Minervois. Pour lui aussi, le web représente une nouvelle opportunité de carrière. Titulaire d'un master en anglais, il a enseigné en collège et lycée mais n'a pas accroché. "À la fac, j'ai échoué au C2I, j'étais nul en informatique !", plaide-t-il. Pourtant, ses enseignants le jugent compétent. Comme les autres, il est passionné par cet art. Très vite, ils créeront les sites web et applications de demain.
L'école régionale du numérique : un projet pilote
Le développement des écoles régionales du numérique, à Narbonne comme ailleurs dans la région, est un "projet pilote", selon le formateur narbonnais Nicolas. La grande Occitanie est très investie. "D'ici 2020, 90 % des métiers nécessiteront des compétences en numérique", affirme la présidente de la région Carole Delga. Pour elle, proposer cette offre "innovante, qualifiante, de proximité et adaptée" était "indispensable" car le secteur du numérique est "à fort potentiel d'emploi, en particulier dans notre région". En Occitanie, le numérique est présent dans 10 000 entreprises et offre plus de 46 000 emplois.



