Dans le Gard, il est plus facile d'attraper des Pokémon que des spectres, mais quelques entités rôdent pourtant. Les passionnés de paranormal seront peut-être déçus : aucun site n'est officiellement répertorié comme hanté dans le département. Cela ne signifie pas pour autant qu'aucun fantôme n'erre dans les environs. On en parle moins ici qu'ailleurs, voilà tout. C'est du moins l'explication fournie par Sébastien Beltran et Stéphan Melia, respectivement président et secrétaire de l'Arpi (Association pour la recherche en paranormal et investigations).
Du matériel de pointe pour traquer l'invisible
Équipés de caméras infrarouges, de détecteurs d'ondes électromagnétiques et de spirit-box, ils arpentent les lieux potentiellement habités, traquant la moindre manifestation visible ou audible d'entités, terme utilisé dans le milieu pour désigner les fantômes. « Nous faisons cela de nuit, mais pas pour le folklore. C'est simplement qu'il y a moins de pollutions sonores et visuelles », précise Sébastien Beltran.
Pour dénicher les bons endroits, le bouche-à-oreille et les recherches sur Internet sont leurs alliés. « Nous ciblons des lieux chargés d'histoire, explique le président. Honnêtement, la plupart du temps, nous ne trouvons rien. » Mais parfois, si. Ils mentionnent des tournages près de vieilles églises ou de capitelles autour de Nîmes : « On entend des voix, des chuchotements. Une voix nous a dit : "Laissez-nous en paix, il n'y a personne". »
Des thermes abandonnés particulièrement actifs
Les thermes abandonnés près d'Uzès sont un lieu prisé dans le milieu très fermé des ectoplasmes gardois. En plus de deux ans d'investigation, c'est là qu'ils ont réalisé l'une de leurs « deux seules photos inexpliquées. Nous avons aussi enregistré des sons, des voix. Parfois, il y a vraiment quelque chose... »
Cependant, les lieux abandonnés ne sont pas les seuls à être hantés. Des particuliers font parfois appel à leurs services. « Nous faisons cela par passion, c'est gratuit. Les gens veulent seulement être sûrs qu'ils n'hallucinent pas », expliquent-ils. Ils ont ainsi été contactés discrètement par un directeur de musée gardois, une baronne d'Avignon ou le propriétaire d'un château nîmois.
Entre deuil et affabulation
Certains sont en deuil et cherchent dans le bruit du vent la présence réconfortante de l'être disparu. D'autres sont des affabulateurs qui « adorent les histoires de fantômes », sourit Sébastien Beltran. Mais parfois, la réalité dépasse la fiction. Chez un couple près d'Uzès, des bruits de pas et des rires étaient entendus. Après investigation, ils ont découvert qu'« une entité malveillante occupait une poupée de porcelaine. Nous avons eu des réponses quand nous l'interrogions, des insultes, des grognements... »
Ces entités malveillantes peuvent causer un mal-être aux habitants, explique Stéphan Melia. Ils ont conseillé au couple de se débarrasser de l'objet hanté, « et depuis, ça va mieux. Ils nous ont téléphoné. »
Les enquêteurs du paranormal seront présents au forum des associations de Marguerittes le 3 septembre, salle polyvalente. Pour en savoir plus : www.facebook.com/arpi.fr



