Artémis 2 : le quotidien spartiate des astronautes dans leur capsule vers la Lune
Une petite épicerie à disposition, nuit dans un sac de couchage et un seul W.-C. : à quoi ressemble réellement la vie dans la capsule des astronautes d'Artémis 2 en route vers la Lune ? Les quatre membres d'équipage de cette mission historique de la NASA vivent une aventure qui mêle haute technologie et simplicité surprenante.
Un voyage spatial qui ressemble à un camping
Christina Koch, première femme à voyager vers la Lune, a comparé la préparation de ce séjour à l'organisation d'un voyage en camping. Dans l'habitacle de la taille d'une fourgonnette, l'équipage dispose d'une réserve alimentaire soigneusement sélectionnée :
- 58 tortillas
- 43 tasses de café
- Des brocolis et du chou-fleur
- De la poitrine de bœuf grillée au barbecue
- Cinq types de sauce piquante
- Du sirop d'érable pour l'astronaute canadien Jeremy Hansen
Les repas incluent même de la quiche et du couscous, montrant que la gastronomie terrestre suit les explorateurs spatiaux.
Les défis du confort spatial
Le sanitaire unique de la capsule Orion a connu un problème technique dès les premières heures du vol. Christina Koch s'est transformée en « plombière de l'espace » pour réparer cet équipement qu'elle qualifie de « plus important à bord ». Contrairement aux missions Apollo où les astronautes utilisaient des sacs, Artémis dispose de vraies toilettes, bien que bruyantes au point de nécessiter des protections auditives.
Jeremy Hansen a cependant trouvé un avantage à cet inconvénient : « C'est le seul endroit où on peut aller durant la mission où on peut en fait se sentir seul pour un petit moment ».
La vie à bord entre contraintes et innovations
Le sommeil en apesanteur représente un défi particulier. Les astronautes utilisent des sacs de couchage attachés aux murs pour éviter de flotter dans la capsule. Reid Wiseman, commandant de la mission, décrit avec humour comment Christina Koch « dort la tête en bas au milieu de l'habitacle, un peu comme une chauve-souris suspendue ».
Pour contrer les effets de l'apesanteur sur l'organisme, l'équipage doit effectuer une demi-heure d'exercice quotidien grâce à un appareil similaire à ceux des salles de musculation terrestres.
Les petites révolutions du voyage spatial
Une innovation notable de cette mission : l'autorisation des smartphones à bord. Jared Isaacman, patron de la NASA, justifie cette décision : « Nous donnons à nos équipages les moyens de saisir des moments particuliers pour leurs familles et de partager des images et des vidéos inspirantes avec le monde entier ».
Cette permission contraste avec les pépins techniques rencontrés, comme les problèmes de logiciels de boîte mail dont s'est plaint Reid Wiseman, nécessitant une intervention depuis le centre de contrôle de Houston.
L'émerveillement persiste malgré les contraintes
Au-delà des aspects techniques et logistiques, les astronautes préservent leur capacité d'émerveillement. Jeremy Hansen exprime sa joie de planer à l'horizontale : « Je me sens comme un gosse ! ».
Victor Glover, première personne noire à s'envoler vers la Lune, confie que le décollage a provoqué ses émotions les plus fortes : « Vous essayez de rester professionnel, mais l'enfant en moi veut ressurgir et pousser des cris de joie ».
Cette mission de dix jours vers la Lune, qui coûte des milliards de dollars et s'inscrit dans un contexte géopolitique complexe, révèle ainsi l'humanité derrière l'exploration spatiale. Les astronautes d'Artémis 2, tout en accomplissant des tâches extraordinaires, partagent des expériences quotidiennes étonnamment proches des nôtres.



