Artemis II : le grand retour vers la Lune avec des détails insolites
Le compte à rebours est enfin lancé : cinquante-quatre ans après la dernière mission Apollo, des humains s’apprêtent à s’envoler vers la Lune. Les astronautes Christina Koch, Reid Wiseman, Victor Glover et Jeremy Hansen – trois Américains et un Canadien – doivent décoller de Floride ce mercredi à 18h24 heure locale, soit jeudi à 0h24 heure française, pour un périple de dix jours qui les emmènera faire le tour de la Lune.
L’objectif principal de cette mission est de tester tous les systèmes en vue de préparer les futurs voyages vers et sur notre satellite, alors que la NASA a récemment réaffirmé son intention de s’y établir durablement. Une mission historique, complexe et hautement sérieuse, mais qui est aussi ponctuée de petites informations insolites que nous vous partageons ici.
Pourquoi la fusée est-elle orange ?
Si vous avez déjà vu des photos de la fusée, vous avez sans doute remarqué que la partie centrale du lanceur SLS (Space Launch System) est orange. Cette couleur n’est pas due au hasard : elle est liée à l’isolant thermique utilisé pour protéger le réservoir d’hydrogène liquide de l’étage principal, comme l’explique la NASA sur son blog.
Le but est de maintenir le combustible à une température de -252 °C sur le pas de tir et de le protéger des températures extrêmes lors du lancement et de la phase d’ascension vers l’espace. Sous forme de mousse, ce matériau projeté sur le réservoir est initialement jaune poussin. Les rayons ultraviolets du Soleil foncent ensuite l’isolant et lui donnent sa couleur orange si caractéristique, que l’on retrouvait aussi sur le réservoir extérieur des navettes spatiales pour la même raison.
58 tortillas et du sirop d’érable au menu
Côté alimentation, les astronautes ne devraient pas se lasser : 189 aliments différents sont embarqués dans la capsule Orion. La nourriture doit être facile à préparer en microgravité, minimiser les miettes et rester sûre et stable pendant toute la mission, selon un article dédié de la NASA.
Le menu de l’équipage ne comprend donc pas d’aliments frais mais des plats prêts à l’emploi, à réhydrater, thermostabilisés (en conserve) ou irradiés (pour éliminer certains micro-organismes). Les astronautes pourront ainsi manger des tortillas (58 embarquées pour tout l’équipage), de la quiche aux légumes, du couscous, du granola avec des myrtilles, des amandes, des noix de cajou, du gratin de brocoli, du mac & cheese, de la salade de fruits…
Pour relever tout ça, les quatre membres d’équipage disposeront de sirop d’érable, de beurre de cacahuète, de moutarde épicée, de miel, ainsi que de cinq sauces épicées différentes. Pour ce qui est du dessert, pudding, cookies, chocolat et gâteaux seront du voyage… À agrémenter de dix boissons différentes, du thé vert ou café au smoothie mangue pêche en passant par de la limonade.
Rise, bien plus qu’une simple mascotte
Reid Wiseman, astronaute d’Artemis II, a dévoilé vendredi la mascotte choisie par l’équipage pour la mission. Il s’agit de Rise, une petite peluche souriante qui les accompagne dans la capsule Orion. La peluche, dessinée par Lucas Ye, élève de CE1 en Californie, a été sélectionnée parmi 2.600 propositions envoyées depuis le monde entier.
Elle a une fonction principale : c’est l’indicateur de microgravité, un moyen pour les astronautes de savoir, en un coup d’œil lorsque la peluche commence à flotter, qu’ils sont arrivés dans l’espace. Mais Rise a aussi une autre fonction : elle emporte autour de la Lune une carte SD avec plus de 5,6 millions de noms, récoltés dans le cadre de la campagne « Send your name with Artemis » (envoyer votre nom avec Artemis en français).
Dix jours, quatre personnes et seulement 9 m³ d’espace
Les astronautes des missions Artemis n’ont pas intérêt à être claustrophobes. La capsule Orion, où ils vivront pendant la mission, mesure 3,3 m de haut et environ 5 m de diamètre, pour un volume d’environ 9 m³. C’est moins, beaucoup moins que la surface minimum pour un logement en France, fixée à 9 m² ou 20 m³ habitables.
À quatre dans cet espace pendant dix jours, on leur souhaite beaucoup de courage… Et si vous trouvez la capsule petite, dites-vous qu’il y a du mieux par rapport aux précédentes missions lunaires. Orion offre en effet 60 % de volume cubique en plus par rapport à la capsule des équipages des missions Apollo.
Des astronautes dans l’ombre : les réservistes
Si les astronautes sont quatre à partir pour la Lune, ils sont en réalité six à s’être entraînés. Comme lors des missions Apollo, il existe des membres d’équipage de réserve, qui ont suivi la même formation que leurs collègues sélectionnés afin de prendre la place de l’un d’eux en cas d’empêchement, médical notamment.
Côté NASA, c’est Andre Douglas, ancien garde-côte américain et ingénieur à la NASA devenu astronaute en 2022, qui a été choisi comme réserviste. L’astronaute Jenni Gibbons, sélectionnée en 2017 par l’Agence spatiale canadienne, assure le rôle de doublure de son compatriote Jeremy Hansen.
Pour le moment, aucun remplacement d’équipage n’est prévu et tous les voyants sont au vert pour un décollage dans la nuit de ce mercredi à jeudi. Si la date du 1er avril peut faire sourire, elle présente un avantage : c’est l’une des seules à permettre un lancement de jour, pour le plus grand bonheur des fans de fusées qui seront, on l’imagine, scotchés au direct de la NASA, quelle que soit l’heure.



