Le Premier ministre Gabriel Attal a présenté ce lundi sa feuille de route pour l'intelligence artificielle (IA), affirmant sa volonté de faire de la France un acteur majeur dans ce domaine. Lors d'un discours à Station F, il a détaillé les grandes lignes d'un plan ambitieux qui combine investissements publics et privés, formation et régulation.
Un investissement de 5 milliards d'euros
Attal a annoncé un investissement global de 5 milliards d'euros sur cinq ans, dont 2 milliards provenant de fonds publics. Ces crédits visent à soutenir la recherche fondamentale, le développement de startups et l'équipement en supercalculateurs. Le gouvernement souhaite également attirer des talents étrangers en simplifiant les procédures de visa pour les chercheurs et entrepreneurs spécialisés en IA.
Formation et éducation
Un volet important du plan concerne la formation. Attal a promis la création de 10 000 places supplémentaires dans les formations supérieures liées à l'IA d'ici 2027. Des modules d'initiation seront également intégrés dans les programmes scolaires dès le collège. L'objectif est de former une génération de citoyens capables de comprendre et d'utiliser ces technologies.
Régulation éthique
Sur le plan de la régulation, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d'une IA « éthique et de confiance ». Il a annoncé la mise en place d'un comité d'éthique indépendant chargé de superviser les applications sensibles, notamment dans les domaines de la santé, de la justice et de la sécurité. La France entend également jouer un rôle moteur dans l'élaboration du règlement européen sur l'IA, actuellement en discussion.
Réactions mitigées
Si les acteurs du secteur saluent l'effort financier, des voix s'élèvent pour critiquer le manque de mesures concrètes concernant la souveraineté numérique. Certains experts estiment que la France dépend encore trop des géants américains pour les infrastructures cloud. Attal a répondu en annonçant le lancement d'un appel d'offres pour un cloud souverain dédié à l'IA.
Le plan du gouvernement s'inscrit dans une compétition mondiale où les États-Unis et la Chine investissent des centaines de milliards. Reste à savoir si la France pourra rattraper son retard face à ces géants.



