Vincent Strubel, patron de l'Anssi, face à la montée des cyberattaques en France
Vincent Strubel et l'Anssi face aux cyberattaques croissantes

Le chef des "cyberpompiers" français en première ligne face à la menace numérique

Vincent Strubel dirige depuis 2023 l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, plus connue sous le sigle Anssi. À la tête de ces "cyberpompiers" français, il assure la protection des données des citoyens et des institutions face à une menace cybernétique toujours plus pressante.

Une mission de protection aux multiples facettes

Le mandat de l'Anssi est particulièrement vaste et exigeant. L'agence doit garantir la résilience des systèmes informatiques de l'État contre les cyberattaques et les tentatives d'infiltration malveillante. Elle apporte également son soutien aux entreprises françaises confrontées à des incidents de sécurité numérique et œuvre à la mise en place des protections les plus efficaces possibles.

Cette bataille contre la cybercriminalité s'intensifie constamment. La pression exercée par les adversaires – qu'il s'agisse de groupes cybercriminels motivés par l'appât du gain, de hacktivistes aux motivations politiques ou d'entités étatiques spécialisées dans l'espionnage numérique – ne faiblit aucunement.

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Une menace qui ne fait plus de distinction

Particulièrement inquiétant : cette menace cybernétique n'épargne désormais plus personne. Les grandes entreprises ne sont plus les seules cibles privilégiées des pirates informatiques. Une étude récente menée par InterCERT révèle que les très petites entreprises de moins de cinquante salariés représentent désormais la cible de 12 % des attaques recensées.

Parmi ces attaques, un tiers utilise des rançongiciels, ces logiciels malveillants qui chiffrent les données et exigent une rançon pour leur restitution. Les fuites de données sensibles affectent également directement l'appareil d'État. En décembre 2025, le ministère de l'Intérieur a subi un piratage ayant permis la consultation de dizaines de fichiers classifiés.

En février 2026, c'est le fichier Ficoba, qui centralise les informations sur les comptes bancaires des résidents français, qui a fait l'objet d'une consultation illégale. Enfin, à la fin du mois de mars, le ministère de l'Intérieur a confirmé que des hackers avaient réussi à accéder au Système d'information des armes, contenant les données des propriétaires d'armes à feu.

La France est-elle suffisamment préparée ?

Face à cette série d'incidents, une question cruciale se pose : la France est-elle à la hauteur des enjeux de cybersécurité actuels ? Dans un entretien accordé à L'Express, Vincent Strubel apporte une réponse nuancée.

L'Express : L'État français a subi ces derniers mois de nombreuses fuites en raison de problèmes de sécurité. Est-il à la hauteur ?

Vincent Strubel : Je dirais que personne n'est réellement à la hauteur. Il y a eu un changement profond dans la nature de la menace. Les cybercriminels procèdent désormais de manière systématique au vol de données, une activité devenue à la fois très facile à mettre en œuvre et extrêmement lucrative. Ces attaques combinent souvent des demandes de rançon avec la revente potentielle des informations volées. C'est une réalité bien tangible, clairement identifiée dans le panorama de la menace pour l'année 2025.

Le directeur de l'Anssi tempère cependant ce constat en soulignant une certaine dramatisation. "Cela s'accompagne aussi de beaucoup d'exagérations", précise-t-il. "Certains attaquants font du marketing, exagèrent leurs exploits pour mettre la pression sur les victimes et maximiser leurs gains." Cette stratégie de communication agressive fait partie intégrante de l'arsenal des cybercriminels contemporains.

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