Cybercriminalité en région : la chasse numérique bat son plein
Cybercriminalité en région : la chasse numérique bat son plein

À la télévision, les séries comme Les experts montrent des enquêteurs capables de traquer des criminels à l'autre bout du pays via une connexion internet ou de dévoiler une identité en craquant un mot de passe. Dans la réalité, la gendarmerie française mène des investigations tout aussi pointues, et bien plus encore. La cybercriminalité est un phénomène surveillé de près, même s'il est difficile d'en quantifier l'ampleur exacte, car seule une minorité d'affaires est portée à la connaissance des autorités. Le lieutenant-colonel Cyril Piat, numéro 2 du Centre de lutte contre les criminels numériques (C3N), confirme l'importance et l'évolution constante de cette menace.

Des dizaines d'enquêteurs spécialisés

« Cela peut représenter de 2 à 5 millions d'euros par mois, et la cybercriminalité évolue en permanence, tous les trois ou six mois, au rythme des avancées technologiques », explique Cyril Piat. Une difficulté supplémentaire réside dans la dimension mondiale de ces infractions, qui nécessite la coopération d'opérateurs parfois peu conciliants. Le C3N, basé à Pontoise en région parisienne, emploie plusieurs dizaines d'enquêteurs qui travaillent sans relâche pour détecter et neutraliser les délinquants numériques. La semaine dernière, le lieutenant-colonel s'est rendu dans l'Hérault pour rencontrer les experts de justice de la compagnie de Montpellier.

Carding, spafing, swatting : les nouvelles escroqueries

Les cybercriminels inventent sans cesse de nouvelles arnaques spécifiques aux technologies : le carding (vol de carte bancaire), le phreaking (détournement de commutateur téléphonique), le spafing, le swatting (appel avec un faux numéro), ou encore le ransomware (prise en otage de données d'entreprise contre rançon). Vols de données, d'argent, factures qui explosent : les conséquences sont lourdes. D'autres délinquants utilisent les outils numériques pour démultiplier des infractions classiques : escroqueries aux petites annonces, apologie criminelle, pédopornographie, infractions de presse, téléchargement illégal.

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Techniques et outils secrets

Les trafiquants de drogue ou d'armes voient leurs activités facilitées par l'utilisation du darkweb. « C'est un véritable problème », souligne le militaire. Les atteintes à la vie privée et les usurpations d'identité sont également des risques majeurs sur internet. Face à ces menaces, la gendarmerie a développé des outils et des techniques d'enquête – secrets – qui lui permettent de remonter les pistes numériques. Certaines enquêtes aboutissent à des adolescents de 15 à 17 ans, pirates en herbe, d'autres à des criminels sophistiqués opérant à l'échelle mondiale, voire à des acteurs étatiques. Les enquêteurs, souvent sous pseudonyme, se glissent dans les espaces sombres du net pour traquer ces délinquants.

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