Manon Audinet revient sur son terrible crash en Sail GP : blessures et résilience
Manon Audinet : le récit de son crash en Sail GP

Le crash d'Auckland : un choc violent à 90 km/h

Le 14 février dernier, lors du Grand Prix Sail GP d'Auckland, un accident spectaculaire a marqué la compétition. Le catamaran néo-zélandais, en survitesse, a perdu le contrôle et coupé la route du DS Automobiles Team France. La collision s'est produite à près de 90 km/h, provoquant un arrêt brutal, des éléments de carbone explosés et deux blessés graves.

Les conséquences pour Manon Audinet

Manon Audinet, tacticienne de 34 ans originaire de Charente-Maritime, a été projetée avec une telle violence qu'elle a cassé le volant devant elle. Elle a subi un choc important sur plusieurs organes internes, nécessitant une semaine d'observation à l'hôpital. La navigatrice souffre également de fractures à une main et de diverses contusions superficielles.

« Je me remets doucement. J'ai eu beaucoup de chance, ça aurait pu être bien pire », confie-t-elle. « Je ne m'étais jamais dit que je me ferais mal aux organes en faisant du bateau, je pensais plus à des fractures... »

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Le récit des secondes critiques

En tant que tacticienne, Manon Audinet surveillait les bateaux environnants. Elle a immédiatement vu le catamaran néo-zélandais perdre le contrôle. « J'ai vu un nuage d'eau, j'ai crié très fort dans le micro pour alerter Quentin Delapierre, notre barreur », se souvient-elle.

La rapidité de l'événement a laissé peu de place à la peur. « Cela va tellement vite, on n'a pas le temps d'avoir peur, le cerveau se met en mode survie dans ces moments-là », explique-t-elle. Après la collision, elle a perdu connaissance pendant quelques secondes avant de penser immédiatement à son fils.

L'impact psychologique et la résilience

Contrairement à ce qu'on pourrait imaginer, Manon Audinet ne ressent actuellement ni peur ni angoisse. « Je n'ai pas de peur, d'angoisses. J'ai regardé les courses suivantes à la télévision », affirme-t-elle. Elle reconnaît cependant que « nous pratiquons un sport à risque, on le sait, c'est ce qui le rend addictif ».

Philippe Presti, son coach, estime que l'accident laissera des traces psychologiques. La navigatrice reste prudente : « Aujourd'hui, je n'ai pas d'appréhensions. Mais je reste sur mes gardes, cela peut venir plus tard ». L'équipe envisage d'ailleurs d'embaucher un préparateur mental, une décision que l'accident devrait accélérer.

Équipements de sécurité et améliorations possibles

Lors de l'accident, Manon Audinet portait un gilet d'impact et était attachée par une ligne de vie. Elle souligne que « le crash d'Auckland a provoqué plein de discussions sur les améliorations à apporter », notamment concernant la sécurité dans des plans d'eau parfois exigus où les bateaux évoluent à pleine vitesse.

La navigatrice avait déjà été témoin d'un grave accident en 2016, lorsqu'un marin danois s'était fait sectionner la jambe par un foil. Cette expérience l'a rendue « hyperstricte sur l'état de mon matériel ».

Le retour à la compétition

Le bateau du DS Automobiles Team France sera réparé pour l'étape de Rio de Janeiro prévue les 11 et 12 avril. Manon Audinet espère être prête à cette date. « Tout dépend du feu vert des médecins, après un examen de contrôle dans trois semaines, à mon retour en France », précise-t-elle. Sa priorité est de revenir à 100% de ses capacités physiques pour être performante.

Malgré l'accident, l'équipe française conserve sa troisième place au classement général du Sail GP après deux des treize épreuves programmées. Exemptée de toute faute dans le crash, elle bénéficie de points de compensation pour l'étape de Sydney.

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