Arnaud Boissières maintient le cap malgré les turbulences financières
Le navigateur arcachonnais Arnaud Boissières, établi aux Sables d'Olonne, affirme être organisé pour participer à toutes les courses Imoca de la saison 2026. Cette détermination persiste malgré le départ récent de son sponsor principal, La Mie Câline, fidèle depuis dix ans, ainsi que d'autres partenaires. À 53 ans, le skipper expérimenté, qui a pris le départ de cinq Vendée Globe avec quatre arrivées consécutives, fait face à un trou budgétaire de 30% qu'il espère combler rapidement.
Un budget à reconstruire mais un projet vivant
« Mon cas est très différent d'autres skippers », explique Arnaud Boissières. « Mon sponsor principal ne représentait que 30% de mon budget, 40% au maximum il y a dix ans, même s'il avait par contrat 80% de l'affichage. » Le navigateur s'est toujours appuyé sur un groupe de partenaires fidèles, dont April Marine qui monte en puissance. Cette diversification constitue selon lui un atout précieux, même si elle demande plus de temps de gestion.
Boissières confirme sa présence au départ de la Vendée Arctique le 7 juin et de la Route du Rhum en novembre, avec peut-être une participation à la 1000 Race le 3 mai. « C'est ric-rac, mais je peux naviguer, courir. Mon projet vit, durement mais il vit », assure-t-il. En cas d'échec dans sa recherche de nouveau sponsor, il devra cependant renoncer à l'achat de voiles neuves et réduire ses développements techniques.
Une recherche active de partenaires
Le skipper se montre optimiste dans sa quête de financement : « J'ai plein de contacts, je suis très positif. » Il recherche 500 000 euros par an jusqu'au Vendée Globe 2028, mais propose une approche progressive à ses prospects : « Je dis à mes contacts : venez faire un bout d'essai sur la Vendée Arctique, une très belle course, et vous verrez pour la suite ! »
Son bateau, qui date de 2015 et a terminé 9e de la transat Café L'Or 2025 sous les couleurs de 4CAD, sera remis à l'eau mi-avril pour préparer les courses de la saison.
Une critique acerbe de l'inflation des coûts en Imoca
Arnaud Boissières se montre particulièrement critique envers l'envolée des coûts dans le circuit Imoca. Lors de l'assemblée générale de la classe, il regrette que l'idée d'interdire la construction de nouveaux bateaux après le dernier Vendée Globe (2024-2025) n'ait pas été retenue. « Avec 40 bateaux au départ de la dernière édition, on ne s'imaginait pas qu'il y aurait plus de dix bateaux neufs en construction pour le prochain », déplore-t-il.
Le skipper pointe du doigt la situation problématique de la classe, citant l'exemple de PRB, sponsor historique qui est parti du circuit Imoca pour revenir sur le Figaro, moins onéreux. Il salue cependant l'approche intelligente de Charal, l'écurie de Jérémie Beyou, qui au lieu de construire un bateau neuf, modifie la carène de son existant.
Un appel à la remise en question de la classe Imoca
Après quatre ans passés au conseil d'administration de la classe Imoca, Boissières en retire un constat amer : « Quand tu es Breton, tu es privilégié, au sein de la Classe, pour l'environnement économique, l'industrie nautique. » Il critique la focalisation excessive sur l'Ocean Race et les sponsors internationaux, au détriment des skippers indépendants.
Le navigateur lance un véritable cri d'alarme : « Ce n'est pas normal qu'on attaque la saison avec dix bateaux seulement. » Une situation qui selon lui nécessite une profonde remise en question de l'ensemble de la classe, alors que se profile la Route du Rhum dont le nombre de participants reste incertain.
Arnaud Boissières, avec ses septième, huitième, dixième et quinzième places aux Vendée Globe de 2008-2009, 2012-2013, 2016-2017 et 2020-2021 (et un abandon à moins de dix jours de l'arrivée en 2024-2025), incarne cette résistance des skippers face aux défis économiques croissants de la course au large.



