Marathon de Royan : de 1252 à 9500 coureurs en dix ans
Marathon de Royan : 1252 à 9500 coureurs en dix ans

Un chiffre résume à lui seul l'évolution spectaculaire du marathon de Royan depuis sa création en 2015. Alors que la première édition avait rassemblé 1 252 coureurs, la course qui s'apprête à célébrer son dixième anniversaire les 23 et 24 mai 2026 accueillera 9 500 participants. Une progression fulgurante qui a exigé de l'organisation une adaptation constante et un professionnalisme accru, sans jamais perdre l'esprit familial qui caractérise l'événement.

Les pères fondateurs

À l'origine de cette réussite, on trouve Jean-Pierre Dumon, président infatigable de l'association Marathon de Royan Côte de Beauté. En 2012, lorsqu'on lui a proposé de prendre la présidence de l'association de coureurs des 17 Soupapes, aujourd'hui en sommeil, il avait posé une condition : « Je voulais qu'on organise une épreuve de ce type. Ce n'était pas négociable. Nous disposons ici d'un atout unique avec notre cadre de vie. » Pourtant, Dumon n'était pas un spécialiste de la course à pied. Ancien joueur de football à Étaules et ancien président du club de Royan-Vaux pendant dix ans, il a découvert la course sur le tard : « À un moment donné, j'ai voulu m'occuper de moi et courir pour le plaisir. Voilà comment je suis arrivé aux 17 Soupapes. » Homme de défis, il a mis un an à boucler un marathon en 3 h 15 min. Organiser une course ne lui faisait donc pas peur.

Alain Bonnouvrier, lui aussi présent depuis les débuts, se souvient des modestes origines : « On organisait les 12 kilomètres de Vaux-sur-Mer. Là, on franchissait un cap. » La première édition a eu lieu le 2 mai 2015, et déjà le potentiel était palpable. Le parcours initial allait jusqu'à La Palmyre, avec un demi-tour à la base nautique. « La deuxième année, avec un vent d'est très fort, le demi-tour et le retour vers Royan en avaient essoré plus d'un », raconte Dumon. Des relais à deux ou à quatre étaient également proposés, mais leur organisation logistique complexe (transfert des relayeurs en bus) a conduit à leur abandon en 2018.

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Un parcours repensé

En 2019, le circuit a été recentré sur Royan, Vaux-sur-Mer et Saint-Georges-de-Didonne, avec deux boucles à parcourir. Ce changement majeur n'a pas freiné les inscriptions ; au contraire, l'épreuve a continué à attirer de plus en plus de participants. Pas des chasseurs de primes – la dotation pour le vainqueur reste limitée à 900 euros – mais des amateurs de course plaisir dans un cadre exceptionnel. « J'avais prévenu que si nous ne faisions pas un travail de qualité à la hauteur de la beauté du site, on se planterait », confie Dumon. Dix ans plus tard, le pari est gagné.

Les 42,195 kilomètres du marathon de Royan ne sont pas les plus faciles du calendrier, comme le confirme Freddy Guimard, détenteur du record en 2 h 23 min 02 s. Mais si quelques coureurs viennent pour la compétition, beaucoup n'ont d'autre ambition que de prendre du plaisir. La renommée de la course a vite dépassé les frontières régionales, obligeant l'organisation à grandir. Même la pandémie de Covid n'a pas entamé l'élan : « C'est reparti de plus belle après », note un organisateur.

Des nouveautés chaque année

Après les quatre premières éditions, l'association Marathon de Royan Côte de Beauté a vu le jour, et les 17 Soupapes ont été mises en sommeil. « Il fallait une structure dédiée qui se concentre uniquement sur la préparation de cet événement », souligne Alain Bonnouvrier. Pour répondre à la demande, une course de 10 kilomètres a été ajoutée en 2018, suivie d'un semi-marathon en 2019, ainsi que des courses pour enfants.

Cette montée en puissance a nécessité un nombre croissant de bénévoles : « On est passé d'environ 150 personnes en 2015 à plus de 600 aujourd'hui », constate le président. Le budget a lui aussi explosé, passant de moins de 100 000 euros la première année à plus de 400 000 euros pour le dixième anniversaire. Chaque année, des nouveautés ont permis de franchir un palier : brumisateurs, rampes à eau… L'une des idées les plus marquantes a été, en 2018, le déplacement de la ligne d'arrivée sur la plage de la Grande Conche, qui a fait le buzz. C'est là que Jean-Pierre Dumon prend le plus de plaisir : « Lorsque je vois la joie intense de certains lorsqu'ils ont passé la ligne… On a l'impression qu'ils ont décroché la lune ! »

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