Lucie Boudesseul, pilote officielle du GMT 94, lance sa saison 2026 en Superbike féminin
Lucie Boudesseul, jeune pilote française âgée de seulement 22 ans, entame ce vendredi au Portugal sa saison 2026 du championnat mondial de Superbike féminin, également connu sous le nom de World WCR. Élue rookie de l'année 2025 et désormais pilote officielle de l'équipe GMT 94, cette étoile montante de la moto française affiche des ambitions élevées pour cette nouvelle campagne.
Une première saison 2025 prometteuse avec deux podiums
Lors de sa première participation en 2025 à la seconde édition du championnat du monde de Superbike féminin, Lucie Boudesseul a réalisé une performance remarquable en terminant à la 6e place mondiale. Elle a notamment décroché deux podiums, dont un sur le circuit de Magny-Cours dans la Nièvre, démontrant ainsi son talent précoce sur la scène internationale.
« Je ne retiens que du positif de la saison passée. J'ai fait deux fois 3e sur les 12 courses du championnat, réparties en 6 meetings », confie la pilote originaire de Clavette, une petite commune de l'agglomération rochelaise. « J'ai bénéficié du soutien du GMT 94 et j'ai été déclarée rookie de l'année par la Dorna. Certes, ce n'est que symbolique, mais c'est très important pour mes partenaires. »
Des conditions de compétition équitables sur Yamaha R7
Le championnat World WCR se dispute sur des motos monotypes Yamaha R7 de 700 cc de cylindrée, fournies aux pilotes par les organisateurs. Tout comme les consommables, les pneumatiques et le carburant nécessaires à leur bon fonctionnement, garantissant ainsi une égalité des chances sur la piste.
Malgré ses bons résultats, Lucie Boudesseul a manqué de peu l'intégration du top 5 mondial en 2025. « J'ai eu la chance d'avoir un mulet quasi identique à celui de la moto fournie par l'organisation. Hélas, j'ai dû multiplier les kilomètres pour aller m'entraîner gratuitement sur le circuit Carole en Seine-Saint-Denis », regrette-t-elle. « Je n'ai pas réussi à trouver un arrangement avec celui de Fontenay-le-Comte en Vendée. J'espère que ce sera possible cette année. »
Objectif titre mondial avec le soutien du GMT 94 et de l'équipe de France
La saison 2026 commence ce vendredi au Portugal avec un objectif bien précis pour la jeune femme. « Déjà, je suis devenue pilote officielle du GMT 94. Le team n'en a que trois : deux garçons en championnat du monde Super Sport, et moi. Je vais bénéficier d'un ingénieur datas qui me sera entièrement dédié », explique Lucie Boudesseul avec enthousiasme.
Son ambition est claire : viser le titre mondial. « Comme en 2025, il faudra aller chercher les Espagnoles. Mon objectif, c'est clairement le titre. Donc faire plus de podiums et prendre les courses les unes après les autres. Je regrette que les organisateurs aient retiré Magny-Cours du championnat, il n'y aura pas de manche en France cette année. »
La Fédération Française de Motocyclisme s'investit également à ses côtés en créant une équipe de France féminine, dont Lucie Boudesseul fait partie. Cette sélection regroupe actuellement 5 pilotes, marquant une étape importante pour la promotion des femmes dans ce sport.
Préparation hivernale et perspectives d'avenir vers le mixte
Lucie Boudesseul n'est pas restée inactive durant l'hiver. « Je suis allée rouler en Espagne et au Portugal. C'est positif, les chronos sont bons », souligne-t-elle. Elle bénéficie également du soutien de pilotes masculins, signe d'une évolution des mentalités.
« Nous sommes de plus en plus respectées par les pilotes masculins. Ceux du Superbike regardent nos courses. Pour la petite histoire, j'ai reçu un SMS de Johann Zarco il y a quelques semaines pour m'inviter à une session de roulage avec lui à Carthagène en Espagne. J'étais la seule fille », raconte-t-elle avec fierté.
Quel que soit le résultat de la saison 2026, Lucie Boudesseul se projette déjà vers l'avenir. « Je vise un championnat mixte comme la Moto 2. Le règlement autorise la participation des femmes », affirme-t-elle. Pour y parvenir, elle devra continuer à casser les codes et à prouver son talent sur la piste, avec le soutien grandissant de la communauté motocycliste.



