XV de France : Après la défaite en Écosse, le groupe se prépare au Crunch contre l'Angleterre
XV de France : Rebond après la défaite, préparation au Crunch

XV de France : Le rebond nécessaire après le naufrage écossais

Après avoir traversé des phases de sidération, de flottement et de tensions légères consécutives à la défaite en Écosse, le groupe du XV de France semble progressivement opérer sa mue en vue de la réception imminente de l'Angleterre. « Quel temps ! Le soleil, ça ne pouvait pas durer. » Cette remarque météorologique, lancée par une employée de la Fédération Française de Rugby alors qu'elle affrontait une fine pluie à Marcoussis ce mercredi matin, résume parfaitement la situation actuelle de l'équipe de France dans ce Tournoi des Six Nations.

Une désillusion à digérer rapidement

Quelques jours seulement après l'immense désillusion provoquée par le naufrage du XV de France à Murrayfield (50-40), un résultat qui a anéanti les rêves de Grand Chelem, le Centre National du Rugby ne dégageait plus cette énergie euphorique caractéristique des semaines précédentes. Malgré les sourires et les rires qui ont ponctué les petits jeux en préambule de la séance d'entraînement, une certaine gravité planait.

Face aux journalistes, William Servat, le technicien en charge des avants, a affiché un volontarisme sans faille en martelant la nécessité de « rapidement se remettre en route » pour se projeter vers la confrontation avec les Anglais. Ce match, au-delà du sel apporté par la perspective d'un Crunch traditionnel, pourrait offrir à la France l'opportunité de conserver son titre. « C'est une finale et la possibilité de remporter le Tournoi », a rappelé Servat avec conviction, soulignant que l'heure était désormais au rebond, même si celui-ci ne s'est pas amorcé facilement.

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Un week-end de réflexion et de remise en question

Le week-end suivant la défaite a été particulièrement long pour le groupe France, rentré d'Écosse dès le samedi soir pour rejoindre la résidence des Bleus. En l'absence notable de Fabien Galthié le lendemain, qui ne s'est pas montré dans les couloirs du CNR, l'atmosphère est restée tendue sans pour autant exploser. Aucune porte n'a claqué, aucun mur n'a tremblé sous le coup d'éclats de voix, mais une crispation palpable s'est installée au sein d'une délégation encore sous le choc, cherchant désespérément à comprendre les raisons de cet étrange moment de flottement.

« On a eu besoin de digérer cette prestation », confie le centre Pierre-Louis Barassi. « On a bien mis une journée à le faire. Mais dans le Tournoi, on ne peut pas perdre de temps. » Il a néanmoins fallu prendre du recul pour analyser ce match à Murrayfield, durant lequel les Bleus ont encaissé 50 points et sept essais, une première depuis le début du mandat de Fabien Galthié.

William Servat s'est efforcé de relativiser l'ampleur du revers : « C'est un écueil. On fait en sorte de se remettre dans la bonne marche. On essaie de faire un vrai audit et de ne pas partir sur tous les sujets. Il y a des choses qui n'ont pas marché, mais rien qui ne soit ingérable. » Le technicien, habituellement très mesuré dans ses propos, a laissé transparaître l'importance de la remise en question à travers des expressions révélatrices :

  • « On est passé à côté. »
  • « Le rugby est un sport de combat, on a failli. »
  • « On a peut-être préparé cette semaine de manière confortable. »

La tension comme moteur pour l'avenir

Le cadre très contrôlé des conférences de presse ne reflète évidemment pas tout ce qui se joue en interne. Comme après chaque défaite du XV de France, celle concédée face aux Écossais a mis sous tension les équilibres au sein de l'encadrement, où tous les techniciens ont assisté, secteur après secteur, à une forme de naufrage collectif. Un levier que Fabien Galthié n'hésite jamais à actionner pour stimuler son groupe.

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Dans le huis clos total décrété mardi à Marcoussis, malgré une éphémère tentation d'ouverture médiatique, l'attention s'est décuplée. Cet ingrédient essentiel aurait-il pu manquer la semaine précédente ? « Je ne dirais pas qu'on s'est vu trop beaux, parce qu'on était impliqués, mais peut-être... », a semblé réfléchir à haute voix William Servat. « Quand on se sent confortable, on ne rentre pas dans la rencontre comme il faut. » Pierre-Louis Barassi, toujours visiblement affecté, ajoute : « Il nous a manqué de tout. À ce niveau-là, on ne peut pas rivaliser. »

Malgré tout, l'entraînement à haute intensité réalisé mercredi a permis aux joueurs de basculer mentalement vers le rendez-vous face à l'Angleterre. Présenté comme une « finale » potentielle avant le début de la compétition, ce match a perdu une partie de sa saveur originelle, mais conserve toute son importance. « On ne peut pas revenir en arrière », plaide Barassi. « Ce qui peut effacer cette déception, c'est une victoire dans le Tournoi. Ça fait 20 ans qu'on n'en a pas gagné deux de suite. »

William Servat, quant à lui, a puisé dans ses souvenirs pour trouver une métaphore appropriée : « Quand j'étais jeune, j'ai eu un entraîneur qui nous disait qu'une personne blessée était beaucoup plus dangereuse parce qu'elle sentait le danger. » En prononçant ces mots, l'ancien talonneur évoquait certes l'Angleterre, mais ils s'appliquaient tout aussi pertinemment au XV de France lui-même, désormais déterminé à transformer sa blessure en force motrice.