Les Bleus maîtrisent leur euphorie après une victoire laborieuse face à l'Italie
Même en se rapprochant du Grand Chelem, le XV de France a chassé toute forme d'euphorie en quittant le stade Pierre-Mauroy de Lille. Les joueurs affichaient des visages sereins et des sourires discrets, conscients que le chemin reste long. Après trois matchs et autant de victoires dans le Tournoi des Six Nations, l'objectif du Grand Chelem, fixé dès le premier rassemblement à Marcoussis, demeure intact. Cependant, la confrontation avec l'Italie s'est révélée plus ardue que prévu, nécessitant d'attendre la 72e minute pour décrocher le bonus offensif.
Un match différent et instructif pour les Français
Thomas Ramos a souligné la nature particulière de cette rencontre : « On a vécu un match totalement différent des deux premiers, et ce n'est pas plus mal. On s'attendait à ce que ça tape dur, et ça a été le cas. Physiquement, les Italiens sont très costauds, ils ont amené de la densité au milieu de terrain et dans les rucks. » Cette opposition a servi de rappel salutaire, évitant toute complaisance après les larges succès contre l'Irlande (36-14) et le pays de Galles (12-54).
Louis Bielle-Biarrey a admis les difficultés rencontrées : « On a été vachement challengés par cette équipe italienne et on a plus souffert que d'habitude. On a eu des difficultés en conquête, sous les ballons hauts, et on a pris plus de pénalités. » Malgré cela, il a noté que l'Italie n'a marqué que huit points dans leur zone, un point positif pour la suite.
Une semaine de repos bien méritée avant l'Écosse
Dans le cadre inédit de ce Tournoi avec trois matchs consécutifs, une semaine de repos s'impose. Cela signifie moins d'entraînements et de temps collectif, mais les organismes ont besoin de récupérer. Le turnover a été limité, avec seulement quelques changements dans l'équipe de départ, et les joueurs ressentent la fatigue autant physique que mentale.
Bielle-Biarrey explique : « Je dis souvent que ce n'est pas neutre émotionnellement de jouer devant 50 000, 70 000 ou 80 000 personnes. Ces quelques jours avec nos proches ne seront pas négligeables. On pourra attaquer les deux derniers matchs du Tournoi en étant vraiment frais. » Ce temps permettra aussi de soigner des blessures, comme celles au mollet de Matthieu Jalibert et Jean-Baptiste Gros.
Les précédents face à l'Écosse en tête
La reprise des entraînements à Marcoussis dimanche prochain marquera le début de la préparation pour le déplacement en Écosse le 7 mars. Bielle-Biarrey rappelle : « C'est une équipe qui a été capable de faire un match remarquable contre l'Angleterre (31-20), on sait qu'on sera attendus là-bas car ils peuvent espérer gagner le Tournoi s'ils gagnent. » Les Écossais, vainqueurs difficiles au pays de Galles (23-26), sont irréguliers mais possèdent des armes pour perturber les Bleus.
Thomas Ramos évoque les souvenirs des dernières rencontres : « Il y a deux ans, on gagne par miracle (16-20). L'année dernière au Stade de France, on claquait des rotules à la mi-temps (16-13 ; 35-16 au final). » Il insiste sur l'importance de prendre les matchs un par un pour éviter la pression et mieux se préparer. Pour l'instant, cette approche méthodique porte ses fruits, gardant les Bleus concentrés sur leur quête du Grand Chelem.



