Un doublé européen qui masque des faiblesses persistantes
Le XV de France vient de réaliser l'exploit de remporter deux titres européens consécutifs en 2025 et 2026, s'affirmant comme la nation dominante de la décennie devant l'Irlande. Cette performance, couplée au Grand Chelem de 2022, donne au palmarès des Bleus une consistance indéniable. Fabien Galthié, le sélectionneur, ne boude pas son plaisir face à cette réussite, soulignant la difficulté de répéter « victoire finale » deux saisons de suite.
Un statut qui pourrait peser psychologiquement
Thomas Ramos, héros du match face à l'Angleterre grâce à son coup de pied décisif, estime que ce statut de double champion d'Europe pourrait avoir un impact psychologique sur les adversaires à l'approche de la prochaine Coupe du monde. « Les Sud-Africains arrivent avec un statut de double champion du monde. Forcément, ça impressionne. Si on veut aussi avoir un impact psychologique sur les adversaires, à nous de continuer cela », explique l'arrière français.
Des performances en demi-teinte qui inquiètent
Pourtant, la manière dont ce dernier titre a été décroché interdit toute autosatisfaction. Les Bleus, giflés à Murrayfield par l'Écosse (50-40) alors qu'ils étaient encore en course pour le Grand Chelem, ont frôlé la catastrophe face à l'Angleterre. Sans la précision du pied de Thomas Ramos, c'est un échec retentissant que Fabien Galthié aurait dû commenter.
Antoine Dupont, le capitaine emblématique, adopte un discours bien plus réaliste que celui de son sélectionneur : « Il y aura bien sûr beaucoup de choses à revoir, sur le plan tactique et technique. Mais aussi sur l'approche des matchs et la compétition en elle-même. On ne les prépare pas forcément de la meilleure des manières, vu les résultats du week-end dernier et de celui-ci qui n'étaient pas à la hauteur de ce qu'on sait faire ».
Des lacunes structurelles préoccupantes
La mêlée, talon d'Achille des Bleus
La retraite forcée de Uini Atonio a révélé les faiblesses de la mêlée tricolore, devenue un véritable point faible pour l'équipe de France. L'absence de relève au poste de pilier ne laisse pas présager d'amélioration rapide dans ce secteur fondamental du jeu.
Une défense qui a littéralement explosé
Le système défensif des Bleus a subi de graves défaillances lors des deux derniers matchs, encaissant près de 100 points contre l'Écosse (50-40) et l'Angleterre (48-46). Ces chiffres alarmants contrastent avec la solidité défensive qui a permis à l'Afrique du Sud de décrocher ses deux derniers titres mondiaux.
Une frénésie offensive record
Cette édition du Six-Nations a été marquée par une folie offensive avec des scores particulièrement élevés. Le XV de France a égalé son record d'essais marqués dans un même Tournoi (30) seulement un an après l'avoir établi. Selon les données d'Opta, sur les 405 matchs disputés dans le Six-Nations, seuls deux ont vu les deux équipes inscrire chacune plus de 40 points : Écosse-France (50-40) et France-Angleterre (48-46).
Le constat sans appel d'Ugo Mola
En écho aux observations piquantes formulées par Ugo Mola en janvier 2025 - « cette génération n'a réalisé qu'un Grand Chelem en cinq ans, il faudrait qu'ils se bougent un peu » - la question se pose : est-ce que le palmarès des Bleus commence enfin à prendre forme ? Ou manque-t-il encore quelque chose eu égard au talent qu'on lui prête ?
Malgré son statut enviable de double champion d'Europe, le XV de France affiche trop de lacunes en mêlée ou en défense pour apparaître comme un champion du monde en puissance. La route vers le trophée Webb-Ellis semble encore longue pour des Bleus qui doivent impérativement combler leurs faiblesses structurelles s'ils veulent prétendre au titre suprême.



