L'Union Bordeaux-Bègles s'est fait très peur ce samedi à Chaban-Delmas face à Perpignan, mais elle a évité le pire en s'imposant 37 à 32. Ce succès permet aux Girondins de remonter à la 5e place du Top 14 et de basculer vers la finale de la Champions Cup. Mais la prestation a laissé des traces.
Une fin de match irrationnelle
Qu'est-ce qui a bien pu se passer dans la tête des joueurs de l'Union Bordeaux-Bègles pour vouloir continuer à jouer après la sirène ? Le bonus offensif était hors de portée (5 essais à 4). À croire qu'ils n'avaient pas assez tremblé pendant 80 minutes face à Perpignan, le 13e du Top 14, condamné depuis longtemps à un nouvel access-match. Les Bordelais se sont offert une dernière grande frayeur en rendant le ballon à l'adversaire. Ils ont évité le pire grâce à Bielle-Biarrey, qui s'est arraché pour couvrir le fond du terrain sur une dernière occasion brûlante.
« C'est catastrophique », peste Christophe Laussucq, l'entraîneur en charge de la défense girondine. « On n'a rien à aller chercher, on continue de jouer à la baballe. Je ne sais pas si c'est un manque d'humilité ou de lucidité. Heureusement qu'on ne prend pas cet essai. » Ce succès arraché in extremis permet à l'UBB de prendre la 5e place et de rester en course pour la qualification. Mais il ne lui a pas permis de faire le plein de confiance en vue de la finale de Champions Cup face au Leinster samedi prochain à Bilbao. « On redoutait que les mecs aient la tête ailleurs mais pas à ce point », souffle le coach.
Une dépendance inquiétante aux cadres
Ayant débuté les deux derniers matchs avec des équipes remaniées afin de faire reposer les titulaires en vue du grand rendez-vous de Bilbao, l'UBB a dû faire à chaque fois appel à ses patrons plus tôt que prévu à cause de ses entames de match. La première mi-temps à Bayonne (38-40) avait été catastrophique, celle face à Perpignan a été calamiteuse. « On a frisé le ridicule, juge Christophe Laussucq. Il y a un gros rendez-vous dans une semaine, personne n'avait coché ce match face à Perpignan comme objectif prioritaire. C'est pour ça qu'on a mis moins d'engagement dans tous les secteurs. Mais je ne suis pas inquiet. On a un rendez-vous historique qui nous attend. Tous les joueurs sont tournés vers ça. »
Pour éviter le pire, l'UBB a dû appeler son banc XXL à la rescousse. Au retour des vestiaires, les entrants ont permis au club girondin de sortir la tête de l'eau, à l'image des sorties de camp de Maxime Lucu, du doublé de Louis Bielle-Biarrey (42e, 57e) et des charges de Marko Gazzotti. Au-delà de l'énergie déployée sur les deux derniers matchs pour renverser la vapeur, cette forte dépendance aux internationaux français interroge. « C'est malheureux de devoir mettre toujours les mêmes joueurs pour avoir une performance digne, constate Christophe Laussucq. On est trop dépendant de certains mecs, c'est un peu inquiétant. »
Composition et blessures
Au regard des dernières prestations de l'UBB, le staff girondin n'aura pas besoin de se creuser la tête bien longtemps pour décider quelle équipe il alignera sur la grande finale samedi prochain. Annoncé comme titulaire en deuxième ligne face à l'Usap, Adam Coleman n'était finalement pas sur la feuille, uniquement « par précaution » a indiqué Christophe Laussucq après le match. Sorti touché au genou, le pilier gauche Matis Perchaud doit passer des examens complémentaires.
Les notes des joueurs
- 7/10 : Gazzotti, Lucu, Bielle-Biarrey
- 6/10 : Penaud, Woki, Bochaton, Moefana
- 5/10 : Buros, Tambwe, Jalibert, Vergnes, Swinton, Poirot, Sadie, Barlot
- 4/10 : Retière, Page-Relo, Cazeaux, Sa
- 3/10 : Drault



