Tournoi des Six Nations : du Grand Chelem 2010 à la traversée du désert du XV de France
Tournoi des Six Nations : la période noire du XV de France après 2010

Tournoi des Six Nations : une décennie de contrastes pour le XV de France

Les Éditions « Sud Ouest » ont publié en 2025 l'ouvrage « Tournoi des Six Nations, 100 photos mythiques », qui retrace les cinq grandes périodes de cette compétition emblématique. Durant tout le Tournoi 2026, nous vous proposons chaque semaine un extrait de ces moments historiques clés. Entre les deux grands chelems de 2010 et celui de 2022, le XV de France traverse une des périodes les plus sombres de son histoire. Il faut attendre l'émergence d'une génération exceptionnelle pour qu'il se hisse enfin parmi les meilleures nations européennes.

Le triomphe du Grand Chelem en 2010

La première année de cette décennie commence de manière idéale pour les Français. Après un Tournoi plutôt décevant, avec des défaites nettes en Angleterre (34-10) et en Irlande (30-21), les Bleus se rachètent en 2010. Ils prennent leur revanche sur les Irlandais de Ronan O'Gara et Gordon D'Arcy (33-10), s'imposent au pays de Galles (26-20) et en Écosse (18-9). La réception de l'Italie (46-20) ressemble à un galop d'entraînement avant la venue de l'Angleterre au Stade de France, dans un Crunch qui s'annonce plus excitant que jamais.

L'entraîneur Marc Lièvremont s'appuie sur des joueurs expérimentés comme le pilier Nicolas Mas, Lionel Nallet en deuxième ligne, Thierry Dusautoir et Imanol Harinordoquy en troisième ligne, ainsi que Maxime Médard et Cédric Heymans aux ailes. Il titularise la même charnière durant les cinq matchs du Tournoi : Morgan Parra à la mêlée et François Trinh-Duc à l'ouverture. Pour sa part, l'entraîneur anglais Martin Johnson choisit Toby Flood à l'ouverture, tandis que Jonny Wilkinson, héros de la Coupe du monde et premier joueur anglais à avoir inscrit plus de 1 000 points avec le maillot national, n'est que remplaçant.

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Le match en lui-même est décevant. Pour la première fois depuis le début du Tournoi, les Français ne parviennent pas à marquer un essai. Ils s'en remettent aux pieds de Trinh-Duc, auteur d'un drop, et de Parra (trois pénalités) pour l'emporter (12-9) et offrir au XV de France son neuvième grand chelem. Avec cette victoire, Marc Lièvremont rejoint Jacques Fouroux dans le club très fermé des entraîneurs ayant remporté un grand chelem des deux côtés de la main courante, comme joueur d'abord, puis comme entraîneur.

La descente aux enfers et les désastres en Italie

Cependant, la joie sera de courte durée. Le Tournoi 2011, qui sert de grande revue d'effectifs pour toutes les nations de l'hémisphère Nord avant la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande à l'automne, débute pour la France par une première défaite historique au Stadio Flaminio de Rome. Quinze vaillants Italiens s'offrent le scalp d'un XV de France méconnaissable et trop sûr de lui. L'Italie remporte ainsi le trophée Garibaldi, qui récompense chaque année le vainqueur du match entre l'Italie et la France. Cette victoire inattendue vaut à l'ailier italien Andrea Massi d'être élu meilleur joueur du Tournoi.

C'est aussi le premier coup de gueule de Marc Lièvremont envers son groupe, dont cinq joueurs sont aussitôt écartés du XV de France : Sylvain Marconnet, Sébastien Chabal, Yannick Jauzion, Jérôme Thion et Clément Poitrenaud. De cette liste, seul le pilier Sylvain Marconnet est retenu dans l'effectif désigné pour la Coupe du monde, mais il doit déclarer forfait en raison d'une blessure.

Personne ne l'imagine encore, mais débute alors pour le XV de France une longue période de disette. Hormis un étonnant sursaut lors de la Coupe du monde 2011, où les Français atteignent une finale qu'ils auraient dû remporter sans un arbitrage très bienveillant envers les Néo-Zélandais. La même année, le capitaine français Thierry Dusautoir est élu meilleur joueur du monde, mais à part ces deux événements, les neuf éditions suivantes du Tournoi ressemblent à un petit chemin de croix.

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Les années difficiles sous Philippe Saint-André

Le remplacement de Marc Lièvremont en 2012 par Philippe Saint-André n'y change rien. Tandis que les Gallois réalisent le grand chelem, la France termine à la troisième place. Elle touche le fond en 2013, avec une nouvelle défaite en Italie (23-18), cette fois au Stade Olympique de Rome. Sur leur lancée, les Transalpins dominent l'Irlande, contre laquelle les Bleus ne peuvent faire que match nul. Ce qui était inimaginable quelques années auparavant devient réalité : la France termine à la dernière place du Tournoi.

Entre-temps, les rencontres s'étirent. En 2001, et pour les phases litigieuses, les arbitres ont la possibilité de recourir à la vidéo. Depuis 2012, ils appliquent le protocole commotion décidé par l'International Rugby Board, dans le but de protéger les joueurs après des chocs violents et traumatisants.

Plongez dans l'histoire avec l'ouvrage des Éditions « Sud Ouest »

La suite est à retrouver dans l'ouvrage « Tournoi des Six Nations, 100 photos mythiques » paru aux Éditions « Sud Ouest ». Ce livre propose 100 photos mythiques de cette compétition, sélectionnées et décryptées par Fabien Pont, ancien joueur et ancien chef du service des sports de « Sud Ouest ». Il est disponible à l'achat à 25,90 € dans les librairies et sur la boutique en ligne de l'éditeur. Plongez au cœur des archives et retrouvez toutes les actualités qui ont marqué la mémoire collective de la région depuis 80 ans grâce au moteur de recherche des Archives Sud Ouest.