Le Stade Toulousain face à la commission de discipline pour des irrégularités financières présumées
Quelques semaines après les révélations médiatiques concernant les contrats d'images des stars Antoine Dupont et Anthony Jelonch, le Stade Toulousain est officiellement convoqué devant la commission de discipline salary cap de la Ligue nationale de rugby (LNR). La médiation engagée entre la LNR et le club toulousain suite aux informations dévoilées par L'Équipe n'a malheureusement pas abouti à une résolution amiable.
Une saisine formelle pour des infractions présumées sur plusieurs saisons
Le président de la LNR, Yann Roubert, a pris la décision de saisir formellement la commission de discipline le 31 mars dernier, comme l'a confirmé la Ligue ce dimanche. Dans le cadre des opérations de contrôle rigoureuses menées durant la saison 2024/2025, le salary cap manager a identifié plusieurs infractions présumées imputables au Stade Toulousain. Ces manquements ont fait l'objet d'un rapport détaillé daté du 15 janvier 2026.
Les accusations portent principalement sur :
- Des manquements répétés à l'obligation générale de transparence et de coopération sur les quatre dernières saisons écoulées.
- Un dépassement significatif du plafond salary cap pour les saisons 2021-2022, 2022-2023, 2023-2024 et 2024-2025.
Le triple champion de France en titre est donc convoqué devant la commission disciplinaire le 26 mai prochain. Les motifs précis et les dossiers concernés ne sont pas encore divulgués publiquement et ne le seront officiellement qu'au moment du rendu de la décision finale.
Des contrats d'image sous haute surveillance : les cas Jelonch et Dupont
Selon les informations exclusives de L'Équipe, Anthony Jelonch aurait perçu la somme de 170 000 euros entre janvier 2022 et juin 2024 de la part de la société Alyzia, un partenaire commercial du Stade Toulousain spécialisé dans le transport international de marchandises. Cette rémunération était censée correspondre à des participations à des événements promotionnels, mais celles-ci n'auraient eu lieu qu'à deux reprises seulement, alimentant ainsi les soupçons de salaire déguisé.
Or, les contrats conclus entre les partenaires officiels d'un club et ses joueurs doivent impérativement être déclarés et intégrés dans le calcul du salary cap. Toujours selon les investigations du quotidien sportif, Antoine Dupont aurait quant à lui touché près de 1,5 million d'euros de la part de cette même entreprise Alyzia depuis 2017, sans qu'aucune trace visible de son image ou de son nom n'apparaisse dans les supports de communication de la société.
Des omissions et des défenses juridiques complexes
Le dossier s'alourdit avec le contrat passé entre le capitaine emblématique des Bleus et Fiducial, un autre partenaire historique du club, qui n'aurait pas été signalé au salary cap manager. L'avocat du demi de mêlée a toutefois rétorqué que cet accord avait été conclu avec l'agence d'image Bros, dont Dupont est actionnaire, et n'aurait donc pas à entrer dans l'assiette du salary cap selon cette interprétation juridique.
Par ailleurs, l'avocat du Stade Toulousain a reconnu que le club avait « omis » de transmettre au salary cap manager un accord sous seing privé conclu entre le club et Anthony Jelonch. Cet accord garantissait au troisième ligne un complément de revenus substantiel de 60 000 euros pour chaque saison à compter de 2021-2022, via des contrats commerciaux ou, à défaut, via son salaire direct versé par le club.
Cette affaire met en lumière les tensions croissantes autour du respect des règles financières dans le rugby professionnel français et les défis posés par la gestion des contrats d'image des joueurs stars.



