Toulon : l'appréhension règne avant le choc face aux Stormers
Malgré le retour des beaux jours sur la rade de Toulon, l'ambiance est morose dans la cité varoise. Les supporters du Rugby Club Toulonnais abordent avec une appréhension inhabituelle le huitième de finale de Champions Cup face aux Stormers, programmé ce samedi 4 avril 2026 à 16 heures au stade Mayol.
Une série noire qui inquiète
Le club reste en effet sur cinq matchs consécutifs sans victoire, avec quatre défaites et un nul, et n'a plus gagné depuis le 25 janvier contre Montpellier. Cette période difficile représente une éternité pour les passionnés qui continuent pourtant à arborer écharpes et maillots chaque week-end.
« Quand on connaît le potentiel de ce groupe, on a un sentiment d'énorme gâchis », confie Patrick Fornet, membre du groupe de supporters des Bulls. « On a du mal à comprendre comment l'équipe a pu s'effondrer aussi rapidement, tout en ayant autant de mal à réagir. »
Ce constat amer est largement partagé parmi les habitués de Mayol. Michaël Matzejewski, du club des Z'acrau, ajoute : « On peut perdre des matchs… mais avec la manière. Là, on a l'impression que c'est plus l'envie qui manque qu'autre chose. »
De l'excitation à l'appréhension
La défaite de samedi dernier à Perpignan (36-20) a fini de semer un doute déjà bien installé dans le microcosme toulonnais. Julien Perpère, président des Fils de Besagne, observe : « Comme rarement avant un match à Mayol, c'est plus l'appréhension que l'excitation qui règne au pied du Faron. »
« On n'aborde pas cette rencontre avec confiance », assure-t-il. « Après, ça reste un match de rugby. Mais quand on voit les dernières prestations de notre équipe, je pense que personne ne se rendra à Mayol avec optimisme. »
Pourtant, au mois de janvier, les aficionados du RCT auraient probablement tous misé sur une victoire des Toulonnais dans leur temple sacré. « Aujourd'hui, il y a de la déception », reprend Julien Perpère. « On arrive dans la période qui est normalement la plus excitante à vivre. Il y a le retour des beaux jours, l'odeur des phases finales… Or on sait qu'on va vivre la fin du printemps à la maison, sur notre canapé. »
Une dernière chance de vibrer
Ce match contre les Stormers représente peut-être la dernière opportunité pour les supporters de retrouver des couleurs. Patrick Fornet explique : « Il y a un peu d'inquiétude. Les derniers matchs ne sont pas rassurants, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais là, c'est sûrement l'une des dernières occasions de ne pas tuer la saison. Si on perd ce match, la fin de championnat va être longue. »
Michaël Matzejewski embraie : « Tomber plus bas, ça va être compliqué. On ne peut que se relever. Le club nous a demandé d'offrir une belle arrivée aux joueurs. Jusqu'à la fin, on les encouragera. Mais c'est aussi à eux de rendre un peu ce qu'on leur donne. »
Julien Perpère résume la situation avec lucidité : « Ce match, c'est peut-être le dernier moment pour vibrer cette saison. En revanche, si on perd, on ne pourra pas venir nous dire que c'est encore faisable. En Champions Cup, ce sera fini. Il n'y a pas de filet de protection. »
Une équipe sous pression
Le groupe du RCT qui affrontera les Stormers comprend notamment :
- Avants : Brennan, Gros, Priso Mouangué ; Baubigny, Damond, Lucchesi ; Gigashvili, Sinckler ; Halagahu, Javakhia, Mézou, Ribbans ; Kpoku, Mercer, Ollivon, Shioshvili
- Arrières : Le Bail, White ; Albornoz, Garbisi ; Dréan, Ferté, Tuicuvu, Villière ; Brex, Frisch, Nonu, Sinzelle ; Domon
Si les encouragements des supporters seront bien présents samedi à Mayol, la partie s'annonce sous haute tension pour une équipe qui doit absolument retrouver son niveau pour continuer à rêver d'Europe et adoucir une fin de saison particulièrement difficile.



