Le projet de terrain synthétique d'Agen en suspens face aux incertitudes politiques
Une possible « défusion » des services entre la Ville d'Agen et l'Agglomération d'Agen pourrait sérieusement compromettre le projet de pose d'une pelouse synthétique au stade Armandie. Cette décision politique, évoquée par le nouveau maire Laurent Bruneau, inquiète profondément le président du SUA rugby, Jean-François Fonteneau, qui y voit un risque majeur pour l'avenir sportif et économique du club.
Une discussion cruciale après une défaite amère
Vendredi soir, dans la loge présidentielle d'Armandie, Jean-François Fonteneau affichait une mine sombre, non seulement à cause de la lourde défaite du SUA face à Vannes (22-49), mais surtout après un échange tendu avec le nouveau maire Laurent Bruneau. Ce dernier assistait à son premier match en qualité d'édile, et la question du terrain synthétique a immédiatement refait surface. Fonteneau, au-delà du score, s'est montré particulièrement préoccupé par les implications financières potentielles de la nouvelle configuration politique.
Le projet, pourtant inscrit au programme de campagne de plusieurs candidats aux municipales, pourrait devenir une « victime collatérale » des élections à la présidence de l'Agglomération d'Agen, prévues ce jeudi. Fonteneau insiste : « On n'est pas là pour faire de la politique, on est là pour essayer d'avoir les meilleurs équipements et les meilleurs outils modernes qui sont aujourd'hui indispensables au spectacle. »
Un consensus initial remis en question
Jusqu'à présent, un accord semblait établi pour installer un terrain 100% synthétique, présentant de multiples avantages : un jeu plus fluide, la possibilité d'organiser davantage de matchs et d'événements comme des concerts ou des séminaires, et une meilleure adaptabilité aux besoins modernes du rugby professionnel. Le staff du SUA a même déjà construit son effectif pour la saison prochaine en anticipant cette modernisation, considérée comme essentielle pour développer un jeu attractif.
Cependant, l'élection imminente à la tête de l'Agglomération, avec la candidature d'Olivier Grima, adjoint à Castelculier, a changé la donne. Laurent Bruneau a évoqué l'hypothèse d'une défusion des services, estimant son coût à 12 millions d'euros sur son mandat. La Ville d'Agen devrait alors réaliser des économies annuelles de 2 millions d'euros, mettant en péril des investissements comme celui du synthétique, évalué à 1,2 million d'euros.
Des enjeux économiques et sportifs majeurs
Jean-François Fonteneau alerte sur les conséquences : « Si l'Agglo n'est pas portée par l'équipe dirigeante de la ville d'Agen, j'ai compris qu'il peut y avoir un vrai problème lié à des aspects financiers que je ne maîtrise pas complètement. » Le président du SUA craint que le club ne devienne l'un des seuls en France à conserver une pelouse naturelle, alors que des rivaux comme Aurillac, Colomiers et Dax envisagent de passer au synthétique.
Pourtant, sur le papier, l'investissement semble rentable : une économie de 100 000 euros par an sur l'entretien par rapport à une pelouse classique, et une durée de vie d'environ douze ans, en font une « opération blanche » pour les finances communales. Mais cet argument pourrait ne pas suffire face aux impératifs budgétaires imposés par une éventuelle défusion.
Un calendrier serré et des incertitudes persistantes
Actuellement, le président du SUA « croise les doigts », espérant que l'appel d'offres puisse être lancé rapidement. Les travaux devaient initialement débuter juste après le dernier match à domicile contre Soyaux-Angoulême, le 8 mai, pour une mise en service à la reprise du championnat fin août. Mais avec les incertitudes politiques, ce calendrier est désormais compromis.
Fonteneau résume la situation avec inquiétude : « Pour l'instant, on a un peu d'incertitude. » L'avenir du projet de terrain synthétique à Agen dépendra donc étroitement des décisions prises dans les prochains jours, faisant de cette question un symbole des tensions entre ambitions sportives et contraintes financières dans un contexte politique local mouvementé.



