Le Stade Montois face à Biarritz : Un choc décisif pour la survie en championnat
Conscients de l'urgence absolue de la situation, le demi de mêlée historique du Stade Montois et ses coéquipiers abordent une période charnière pour l'avenir du club. Cette séquence cruciale débute ce vendredi soir (19h30) par la réception des voisins biarrots, dans un choc basco-landais aux enjeux colossaux pour le maintien.
Un état d'esprit tourné vers l'avenir après la défaite à Oyonnax
"La lourde défaite à Oyonnax (73-7) a été très vite oubliée, confie le demi de mêlée. Nous ne nous sommes pas attardés sur ce match car cela n'aurait servi à rien. Nous regardons devant nous, il reste neuf rencontres et la prochaine, contre Biarritz, est déjà capitale. Beaucoup le seront. Si nous perdons ce match, la fin de saison sera extrêmement difficile. Mais si nous gagnons, nous conserverons l'espoir."
Une pression devenue habituelle pour les Montois
Face à cette pression constante du résultat, le joueur expérimenté reste philosophe : "Cela fait presque deux ans que nous vivons dans cette situation... À domicile, je ne sais même pas si nous avons disputé un match sans pression. C'est devenu habituel chez nous, et tant mieux, car nous savons que nous n'avons pas le choix. Lorsque nous avons été dos au mur, nous avons quasiment toujours répondu présent."
Il poursuit : "Ce n'est pas difficile à appréhender, nous savons depuis très longtemps ce qui nous attend. Il y a trois mois, si on nous avait dit que nous serions dans cette position, nous aurions peut-être signé après avoir encaissé 70 points à Dax et à Brive. Regardons devant et restons objectifs, car nous avons produit de grosses performances depuis janvier."
Une fatigue mentale surmontée par l'expérience
Interrogé sur une éventuelle usure due à cette situation permanente, le joueur esquisse un sourire : "Je ne sais pas, je n'ai pas de cheveux blancs même s'ils tombent un peu. Ce n'est pas usant, nous savions que cela allait être difficile. Nous savions dans quelle aventure nous nous embarquions. Quand je suis revenu au club, je savais presque que c'était cette mission qui nous attendait."
Il insiste sur l'importance de la psychologie : "Nous essayons de laisser le contexte le plus loin possible. Si nous parlons sans cesse du fait que nous sommes 15e et qu'il faut gagner à tout prix, nous allons dépenser une énergie monstre dans le négatif et nous n'y arriverons jamais. Nous sommes sur une pente ascendante. Bien sûr, il y a eu un gros accident à Oyonnax qui est excusable - ou pas d'ailleurs quand tu encaisses 70 points - mais nous avons su produire des performances très abouties."
Le rôle discret de l'ancien dans la gestion du groupe
Sur son rôle d'ancien pour diffuser un message positif et maintenir la tête froide, il reste mesuré : "Oui, mais je ne veux pas parasiter les joueurs. Je reste à ma place. Quand je dois prendre la parole, je la prends. Mais nous nous voyons six jours sur sept, imaginez si nous devions nous parler tous les jours, je pense que nous nous étoufferions. Et je ne veux surtout pas avoir un discours étouffant. Je veux rester à ma place, dans la bonne humeur. Nous essayons d'avancer et d'améliorer notre rugby. Si nos fondations sont bonnes, ce sera déjà pas mal."
Le souvenir douloureux de la dernière victoire biarrote
Le Mauléonnais de souche évoque avec amertume la dernière victoire de Biarritz à Mont-de-Marsan : "J'étais présent lors de la dernière victoire de Biarritz (35-40, le 7 mai 2017). Cela ne nous avait pas permis de recevoir la demi-finale et finalement, nous nous étions déplacés à Montauban. Cette défaite, je ne veux pas la revivre car elle nous avait tué la saison."
Il analyse l'adversaire : "Biarritz est une équipe qui nous ressemble, ce sera un bras de fer d'occupation. À nous de nous adapter défensivement, et offensivement, il faudra que nous puissions les contrer. Souvent, ils n'avaient jamais trop d'enjeux quand ils venaient ici. Là, ce n'est pas pareil. S'ils gagnent chez nous, ils seront quasiment maintenus, mais s'ils perdent, avec la réception d'Aix dans la foulée, ils peuvent se mettre dans le rouge. Si nous pouvons nous rajouter un concurrent direct pour le maintien, ce serait parfait..."
Un avenir incertain mais des ambitions claires
En fin de contrat, le joueur aborde son avenir avec franchise : "Non, pas encore. Il y a des discussions engagées. Est-ce que j'aimerais rester ? Bien sûr. Je prends du plaisir, même si je n'ai pas le niveau que j'avais à 27-28 ans. Mais j'ai la sensation d'être encore un peu invité."
Il conclut avec lucidité : "Mes performances, j'arrive à les analyser. Elles ne sont pas toutes bonnes mais j'essaye de faire au mieux. Si nous nous maintenons, j'ai envie de faire partie de la reconstruction du club et de partir ensuite l'esprit tranquille."



