Une victoire chargée d'émotion pour les Maritimes à Castres
Le samedi 28 février, le Stade Rochelais a remporté un succès précieux sur la pelouse du Castres Olympique, sur le score de 26 à 31. Cette victoire à l'extérieur, la seconde depuis le 25 octobre, a provoqué un immense soulagement au sein du groupe des Jaune et Noir, démontrant toute la pression qui pesait sur leurs épaules après une série de cinq revers consécutifs.
Les dilemmes personnels derrière la victoire collective
Le bonheur sincère affiché par les joueurs rochelais à l'issue de la rencontre symbolise leur plaisir de réussir collectivement. Adrien Séguret, l'ancien Castrais recruté en novembre par le Stade Rochelais, a illustré cette tension entre l'individuel et le collectif. Avec un œil goguenard mais sincèrement indécis, il a expliqué son dilemme de samedi : rester en famille dans le Tarn ou profiter du voyage retour avec ses nouveaux coéquipiers vainqueurs.
« Je leur avais dit que si on gagnait, je rentrais en car. Le problème, c'est que j'ai fait descendre ma voiture, donc je ne sais pas, c'est marrant », a-t-il confié. Comme son ami Mathieu Babillot, qui a retrouvé le sourire à l'évocation de ce casse-tête, on comprend que la décision finale n'était pas vraiment la sienne.
Une joie collective longtemps visible
L'histoire de cette journée raconte également une partie de la joie collective ressentie par les Rochelais au coup de sifflet final. Cette allégresse était longuement visible sur le terrain, où les supporters présents ont eu droit à une belle photo de famille avec le XV rochelais, puis dans le vestiaire. Cette fête tranchait avec l'ambiance des tribunes, où un feu d'artifice célébrait pourtant les 120 ans du Castres Olympique.
Elle disait surtout le soulagement d'une équipe qui n'en finit plus de collectionner les coups durs, à l'image de l'entorse à la cheville de Pierre Bourgarit survenue juste avant le match. Cette victoire faisait oublier un autre dilemme tactique : dans les arrêts de jeu, les Rochelais bénéficièrent d'une ultime pénalité dans le camp adverse. Certains réclamaient la touche pour tenter le bonus offensif, d'autres les points au pied pour priver Castres de son bonus défensif.
La priorité : l'essentiel plutôt que le classement
Le choix d'Ihaia West de mettre fin au match plutôt que de risquer un contre fatal montre que l'essentiel était ailleurs pour des Maritimes qui ont – pour l'instant – décidé de ne plus se polluer l'esprit avec la course au top 6. D'ailleurs, malgré cette précieuse victoire, ils restent toujours dixièmes au classement, à huit points du sixième.
Ronan O'Gara, le manager rochelais, a souri quand on lui a dit que son équipe était décidément capable de tout, mais il est resté sérieux en indiquant qu'il regardait davantage Perpignan, treizième à vingt-trois points, que les premières places. « Cette équipe peut gagner beaucoup de matchs et en perdre beaucoup », a-t-il précisé, tout en reconnaissant que la partie n'avait pas non plus été des plus abouties techniquement.
Une leçon de solidarité et de caractère
« Mais c'était un match important. Ce n'est même pas la victoire qui m'importe. Je l'ai dit pendant la semaine : je m'en fous si on gagne ou si on perd. Je voulais juste voir ce qu'était un Rochelais, voir les mecs jouer les uns pour les autres. C'est ce qu'ils ont fait », a glissé O'Gara. « C'est une bonne leçon pour rester soudés quand il y a des avis partout… La seule façon de faire quelque chose, c'est de jouer comme ça… Pour être compétitifs, nous avons besoin de le répéter, mais je suis énormément fier des joueurs. Ils ont vraiment montré beaucoup de courage, de discipline, d'envie, de volonté et de classe. Castres n'a pas vraiment existé, n'a pas pu construire son match. On était bien sans ballon. »
Cette victoire à Castres représente donc bien plus qu'un simple succès loin de Deflandre. Elle symbolise le retour d'une certaine solidarité et d'un état d'esprit que les Rochelais cherchaient désespérément après une période difficile. Les quatre points marqués au classement étaient importants, mais la leçon collective s'avère sans doute encore plus précieuse pour la suite de la saison.



