Le Grand Chelem est revenu aux Anglaises. Comme d'habitude, depuis 2019 sans interruption dans le Tournoi des Six Nations. Une fois de plus, la 18e fois de suite, les Red Roses ont dominé les Bleues, reléguant leur dernier titre à de lointains souvenirs (2018). Dans un stade Atlantique de Bordeaux copieusement garni (35 062 spectateurs), les Tricolores ont une nouvelle fois baissé pavillon ce dimanche (28-43), même si elles ont procuré quelques beaux frissons à leur public et terminent à la 2e place du classement.
Un feu d'artifice trop précoce
Le feu d'artifice a-t-il été tiré trop tôt ? Les Bleues se sont jetées comme des affamées sur le terrain, mordant dès le coup d'envoi dans tous les ballons et les moindres carrés de verdure qui s'ouvraient devant leurs crampons. Les championnes du monde en ont été réduites à un rôle de spectatrices pour commencer. Les initiatives, les mouvements, les courses et les passes se sont enchaînés sur une pelouse du stade Atlantique de Bordeaux baignée d'un doux soleil. Il y avait match. Il y avait même plus que ça. Ces Tricolores, désormais guidées par leur nouveau sélectionneur François Ratier, ont joué durant un bon quart d'heure comme si c'étaient elles qui dominaient la planète rugby.
Elles ont même offert un petit bijou pour couronner ces débuts en fanfare. Première incursion anglaise dans leurs vingt-deux mètres, Ambre Mwayembe arrache le ballon, le transmet dans la foulée. Il vole jusqu'à l'ailière Léa Murie qui résiste à deux plaquages le long de la ligne de touche avant de retrouver sa demi de mêlée Pauline Bourdon-Sansus pour un dernier sprint main levée en signe de victoire jusqu'à l'en-but. Un essai de 90 mètres (14e, 7-0). Des spectateurs debout. Le French Flair comme on dit.
La puissance anglaise fait la différence
Puis les Anglaises ont sorti la tête de l'eau. Mécaniquement, inexorablement, elles ont imposé leur puissance. Un essai en force de Sarah Bern a remis les pendules à l'heure (22e, 7-7). Puis un contre conclu par l'arrière Ellie Kildunne (29e, 7-14) a montré que face à ces Anglaises, qui étaient invaincues depuis 37 rencontres, il ne fallait laisser traîner aucune munition. Les maladresses tricolores ont été trop nombreuses. Les Bleues, à bout de souffle, sont même rentrées aux vestiaires avec deux essais de plus dans leur musette (7-26).
Un sursaut d'orgueil insuffisant
Elles en sont ressorties avec un moral tout neuf. Entreprenantes, jouant tous les coups, elles ont d'abord trouvé l'ouverture par leur ailière Anaïs Grando décalée en bout de ligne (54e, 14-29) avant que Pauline Bourdon-Sansus, intenable et électrique, ne redonne tout à fait espoir à ses coéquipières en s'infiltrant dans la défense anglaise à la sortie d'une mêlée (59e, 21-29). Les « Marseillaise » et les « Allez les Bleues » ont dégringolé des tribunes. Juste avant que Jessica Breach, décalée sur son aile, ne rende impossible la tâche d'un XV de France manquant de constance (64e, 21-36). Et finissant une nouvelle fois le nez dans le gazon.
Le Tournoi des Six Nations féminin 2026 s'achève donc sur une nouvelle déception pour les Bleues, qui devront encore attendre pour décrocher un titre qui leur échappe depuis 2018.



