Section Paloise : Le coup de gueule d'un ancien pilier après le match contre Perpignan
Comme à chaque semaine de match de la Section Paloise, et avant la rencontre de dimanche contre Bordeaux-Bègles (21 heures), l'ex-pilier sectionniste nous offre un billet bien senti et sans concession. Son constat est sans appel : les joueurs sont tombés bien en dessous de leur réputation, vraiment en dessous.
Une journée de rugby en retraité
Dimanche dernier, profitant du soleil et de cette offensive printanière, j'ai décidé de rester devant ma télévision. France-Italie après la sieste, Usap-Section avant de souper : une belle journée de retraité, de sportif par procuration. Bien assis au premier rang, lunettes 3D sur le front et pop-corn à la main, j'allais savourer ces mi-temps que la télévision m'avait si bien vendues.
Mais je suis cinéphile, je connais la musique, et si le rugby a changé, je trouve qu'il reste égal à lui-même. L'Italie, présentée comme la puissance émergente du nouvel ordre mondial, ne m'a pas surprise. La ficelle était trop grosse pour s'y pendre, juste un alibi pour doper les audiences. Un bon petit film de série B, tout y était moyen : le scénario, les acteurs et le réalisateur.
Une opposition sans style
Opposition sans style, du cinéma d'auteur subventionné, je me suis endormi. Après la sieste, il faut le faire ! Rendez-nous Cholley, Imbernon, Audiard et Couderc, qu'on puisse croire encore au suspense, qu'on applaudisse les cascades. Je n'avais pas fini mes pop-corns que déjà la dernière séance de la journée commençait.
Mais là, ce n'était plus le même cinéma. Tout en français qui roule les R, pas besoin de sous-titre : celui-là, je comprends tout de A à Z. Comme tout deuxième épisode, on nous l'avait vendu comme le premier. Attention aux Catalans, ils ne sont plus les mêmes. Labit, comme Quesada, a le don de bonifier ses ouailles.
La déception face aux Palois
Après tout, pourquoi pas ? De dernier à avant-dernier, chapeau bas Messieurs, la progression est notable. Même si on n'est jamais sûr de rien, j'espérais des Catalans autant que des Italiens : pas grand-chose en fait. À la rigueur une entame de feu, mais sans Tramontane point de salut.
Il faudrait toujours se méfier de la météo. Comme moi, tout le monde a vu le match et, comme pour le premier, hélas, il n'y a eu guère de suspense. Des Palois de bons, j'en ai vu quelques-uns en bleu, et un ou deux autres maquillés en vert, dont je tairai les noms par esprit d'équipe.
Ce n'est pas que l'on a été mauvais, mais c'est que l'avant-dernier l'a été moins que nous. Et à part Montauban, qui peut se vanter d'une telle prouesse ? Toulouse peut-être, ils sont avec nous, accrochés dans la minuscule salle des trophées d'Aimé Giral.
Une analyse sans concession
Je ne suis pas chasseur, je n'aime pas le rouge tiède, le pâté bon marché, et je ne confonds pas cyclistes et sangliers. Je ne tirerai donc pas à vue sur tout ce qui bouge. Il n'y a pas que Dieu qui sait reconnaître les siens. De ne pas être que bon, ça arrive, la preuve.
Beaucoup, qui ne se satisfont pas de croire en la faiblesse des hommes, cherchent l'explication ultime, le ceci qui explique le cela. « La saison est longue, l'organisme saccade, on est au creux de la vague » : de loin, je les entends chuchoter. Mais je préfère la Méditerranée, ni creux ni vague, sur la Costa Brava.
Perspectives inquiétantes
On est toujours second, ce n'est pas mal pour des mecs épuisés. Et je vous prédis que si on continue à creuser comme ça, on ne risque qu'une chose : c'est de trouver du pétrole. Quand on perd chez l'avant-dernier, on ne peut qu'avoir peur de recevoir le troisième.
Il surfe entre les doublons et rêve de nous rendre la pareille. Un bon match du mois de mars qui, par la grâce du réchauffement climatique, respire déjà les phases finales. Et si, après avoir laissé nos cornes à Perpignan, l'UBB venait dimanche nous scalper, on s'en fout : on mettra une casquette.



