Saintes face au défi sportif : rayonner nationalement tout en répondant aux besoins locaux
Saintes : le défi du sport entre rayonnement et besoins locaux

Saintes face au dilemme sportif : ambition nationale contre réalités locales

Comment briller sur la scène sportive nationale tout en répondant aux attentes légitimes des multiples disciplines pratiquées localement ? Cette équation représente un véritable casse-tête pour une ville de 25 000 habitants comme Saintes, où les ambitions sportives se heurtent régulièrement aux contraintes budgétaires et infrastructurelles.

Le handball en première ligne

Dans l'univers exigeant du sport de haut niveau, les places sont extrêmement chères. En 2025, l'US Saintes Handball a pourtant réussi l'exploit de conquérir sur le terrain son billet pour la Proligue, après avoir évolué en Nationale 1. Mais cette promotion s'est accompagnée de défis financiers considérables.

La Ligue de handball a imposé au club de quasiment doubler son budget, pour atteindre un minimum de 1,1 million d'euros, sans compter les divers aménagements nécessaires au stade du Grand-Coudret. Dans une ville peu dotée en grandes entreprises, c'est naturellement la collectivité qui s'est retrouvée en première ligne pour soutenir cette ascension.

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« On a pris du temps pour reconstruire une ambition. Si on en est là aujourd'hui, c'est qu'on a eu l'expérience de la Pro D2 à l'époque. On essaie de ne pas reproduire les mêmes erreurs », observait le directeur François Woum Woum en décembre 2025, alors que le club célébrait ses 60 ans d'existence.

Une situation financière fragile

L'US Saintes a déjà payé le prix fort pour des ambitions démesurées. Le club vient tout juste de terminer le remboursement des traites d'une dette qui lui a valu une relégation en Nationale 2 en 2012, après des années prometteuses en Pro D2. Cette expérience douloureuse sert aujourd'hui de leçon pour une gestion plus prudente.

Franklin Langdorf, président du club, rappelle que le handball reste le sport collectif le moins coûteux : « Les joueurs sont tous payés au salaire minimum de la convention nationale, soit 1 850 euros bruts par mois. On est loin du football, où même en Régionale 3 les joueurs peuvent prendre un petit billet. »

Les autres disciplines en attente

Pour une municipalité aux finances de plus en plus tendues, l'équation budgétaire devient particulièrement complexe. Si le rayonnement national est excitant, la Ville doit également répondre à de nombreuses autres demandes tout aussi légitimes.

Le club de tennis a obtenu une avance remboursable pour construire deux terrains de padel, les arts martiaux auront bientôt leur dojo, et les boulistes leur boulodrome. Mais parallèlement, le rugby et le football attendent impatiemment un ou deux terrains synthétiques, tandis que les nageurs doivent composer avec une piscine Starzinsky à l'agonie.

Le remplacement de cette piscine vieillissante figure parmi les dossiers urgents et coûteux de l'Agglomération, représentant un défi majeur pour le futur maire de Saintes.

Limites structurelles et formation

La sous-préfecture charentaise abrite des dizaines de disciplines sportives, chacune avec ses propres ambitions. Cependant, ces aspirations se heurtent à des limites naturelles : la taille modeste du bassin économique local ne permet pas un sponsoring débridé, et les jeunes sportifs talentueux partent souvent étudier ou travailler ailleurs à leur majorité.

En 2022, la majorité municipale a pris une décision significative en mettant fin à l'entente entre Saintes et Royan pour une équipe de volley d'élite, illustrant les choix difficiles auxquels sont confrontés les décideurs locaux.

Face à ces contraintes, les clubs saintais trouvent une fierté dans leur rôle de formateurs. Noémie Jurado-Roumieux, championne de France de gravel en U17 en septembre 2025, a fait ses gammes au Vélo Club Saintais. L'US Saintes Athlétisme a formé de jeunes sprinteuses championnes de France, tandis que Joris Daudet, champion olympique de BMX, a grandi à Saintes.

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Au-delà de ces réussites individuelles, il y a surtout la très grande majorité des sportifs qui ne goûteront jamais au haut niveau, mais qui s'élèvent et s'épanouissent grâce à la pratique sportive. Arriver à concilier excellence et pratique de masse, ambition nationale et besoins locaux : c'est un autre sport qui s'appelle la politique, et dont les règles sont particulièrement complexes à Saintes.