Un match de Top 14 sous le signe des blessures et des célébrations
Ce samedi soir à 21 heures, dans le stade Pierre-Fabre, le Stade Rochelais affrontera le Castres Olympique dans un match de Top 14 particulièrement symbolique. Les Tarnais célèbrent en effet leurs 120 ans d'existence, une occasion que les Jaune et Noir aimeraient gâcher pour commencer leur redressement après une saison difficile.
La malédiction des blessures rochelaises
Sur le papier, la composition rochelaise conserve une allure impressionnante avec des internationaux comme Paul Boudehent, Levani Botia, Grégory Alldritt ou Antoine Hastoy. Cependant, le manque d'émulation provoqué par un nombre important de blessés - actuellement 19 absents - n'aide pas les têtes d'affiche à performer à leur meilleur niveau.
Romain Carmignani, l'entraîneur de la défense rochelaise, explique cette situation difficile : "Avec moins d'effectif, ils sont sous-entraînés puisqu'il n'y a pas de mecs pour les challenger tous les jours. Oui, les grands joueurs ont besoin d'être piqués par des mecs qui ont les dents."
Castres, un modèle de collectif
Face à eux, Castres Olympique présente un modèle différent. Les Tarnais ne s'appuient pas sur des superstars internationales mais sur un collectif redoutable formé de très bons joueurs ne lâchant jamais rien. Cette recette leur a permis de décrocher un cinquième Brennus en 2019, un trophée que La Rochelle n'a fait qu'effleurer.
Le meilleur exemple de cette philosophie est le trois-quarts international fidjien Vuate Karawelu, 24 ans, arrivé l'été dernier en provenance des Fijian Drua. Avec son équipe précédente, il avait inscrit 4 essais en 9 matchs de Super Rugby Pacific, démontrant la force de frappe offensive des Tarnais.
Un précédent match douloureux
La Rochelle se souvient particulièrement de sa défaite face au CO le 22 novembre dernier (17-19), qui constituait la première défaite de la saison à Marcel-Deflandre. Ce revers était d'autant plus surprenant qu'il est survenu malgré une séquence à 15 contre 12 en faveur des Rochelais.
Jack Nowell, l'arrière international anglais du Stade Rochelais, reste cependant optimiste : "Je crois toujours que notre équipe est très bonne même avec les blessures que nous avons. Mais au cours des prochaines semaines, des garçons reviendront, ce qui est positif pour l'équipe. Ce sera un gros coup de pouce."
Deux philosophies qui s'affrontent
Romain Carmignani reconnaît certaines similitudes entre les deux clubs : "Nos clubs se ressemblent un peu sur le côté identitaire et culturel. Castres s'est construit sur le travail, l'identité de son terroir." Mais il insiste sur les différences : "Après, est-ce que c'est un modèle… nous sommes tous différents, nous avons notre modèle aussi."
Le match de ce samedi représente donc bien plus qu'une simple rencontre de championnat. Pour Castres, il s'agit de célébrer dignement 120 ans d'histoire rugbystique. Pour La Rochelle, c'est l'opportunité de commencer à se redresser après une période difficile et de démontrer que, malgré les blessures, l'esprit combatif des Jaune et Noir reste intact.
Comme le disait Patrice Collazo, ancien manager du Stade Rochelais de 2011 à 2018, "dès qu'un club était à la noce, les Jaune et Noir étaient invités". Cette fois encore, ils comptent bien être des invités particulièrement encombrants.



