Violences au rugby amateur : un joueur de 51 ans met fin à sa carrière après une agression
Rugby amateur : fin de carrière après une violente agression

Violences au rugby amateur : un joueur de 51 ans met fin à sa carrière après une agression

Le rugby amateur est secoué par une série d'incidents violents. Alors qu'un jeune rugbyman a été grièvement blessé à Sévérac-d'Aveyron le 22 février, un autre drame s'est produit trois jours plus tôt près de Montpellier. Eric, joueur amateur de 51 ans, a été sauvagement agressé lors d'un match à Saint-Jean-de-Védas, mettant un terme brutal à sa carrière de trente ans.

Une agression d'une extrême violence

Le 19 février dernier, Eric affrontait l'équipe locale avec son club loisir de Mauguio quand l'impensable s'est produit. Un adversaire l'a frappé en pleine face d'un coup de poing d'une violence inouïe, le laissant KO sur le terrain avec le visage déformé par plusieurs fractures.

Le bilan médical est lourd : les deux pommettes, le nez, le palais et la mâchoire cassés. Transporté d'urgence au CHU Gui-de-Chauliac par les sapeurs-pompiers, il n'a pu être opéré qu'une semaine plus tard en raison de ses multiples hématomes.

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Un geste « sciemment » porté

La compagne d'Eric, présente au bord du terrain, témoigne d'une scène glaçante. « Mon conjoint a reçu un seul coup, très fort. L'auteur est arrivé par l'arrière, en courant avec le poing levé, alors que plusieurs joueurs en aidaient un autre à se relever après un plaquage », explique-t-elle.

Elle insiste sur le caractère délibéré de l'acte : « Il l'a frappé sciemment, au hasard, alors que le match se déroulait sans problème ». La rencontre a été immédiatement interrompue et des plaintes ont été déposées au commissariat de Montpellier, à la fois par la victime et par son club.

« Ma carrière s'arrête aujourd'hui »

De retour du bloc opératoire le 26 février, Eric témoigne de son traumatisme physique et psychologique. « Je n'ai pas eu le temps de me protéger, de me contracter », confie-t-il, avant d'annoncer la fin de sa carrière. « Ma carrière s'arrête aujourd'hui. J'ai peur de rejouer ».

Ce joueur respecté, qui n'avait reçu qu'un seul carton rouge en trente ans de pratique, se dit profondément marqué par cette agression. « Après ce qu'il s'est passé, j'ai reçu de multiples appels de soutien », précise-t-il, reconnaissant la solidarité de la communauté rugbystique.

Les réactions des clubs

Le XV Pescalune de Lunel, ancien club d'Eric, a réagi vigoureusement sur les réseaux sociaux : « Nous dénonçons la violence sur les stades. Ces situations ne sont plus admissibles et nuisent au rugby loisir. Il faut que cela cesse ».

Le club de Saint-Jean-de-Védas, dont est issu l'agresseur, a également pris position. Dans un communiqué, il reconnaît qu'« un geste totalement hors sujet » a été commis, tout en précisant le contexte : « Tout est parti d'un placage clairement dangereux, directement à la tête sur l'un de nos joueurs. S'en est suivie une échauffourée durant laquelle le joueur de Mauguio a été touché ».

Le club ajoute : « Nous regrettons bien entendu ce geste d'énervement de la part d'un de nos joueurs qui, par ailleurs, n'a jamais posé problème sur un terrain de rugby ». L'affaire est désormais entre les mains de la justice et de la commission de discipline de la fédération.

Un mois d'arrêt de travail et une enquête en cours

Eric bénéficie d'un arrêt de travail d'un mois suite à ses blessures. L'ITT (incapacité totale de travail) du Montpelliérain n'était pas encore déterminée au moment de la publication, mais la gravité des fractures laisse présager une convalescence longue.

Quant à l'auteur du coup, un Frontignanais né en 2005, il devrait être convoqué dans les prochains jours pour s'expliquer sur son geste, selon une source policière. L'enquête est toujours en cours.

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L'esprit du rugby loisir mis à mal

Eric porte un message fort en pensant au drame survenu à Sévérac-d'Aveyron. Il y voit une agressivité aux antipodes de l'esprit amical qui anime habituellement le rugby loisir. « Nous pratiquons un jeu total, avec jeu au pied et plaquages, mais ça reste du loisir. L'un de nos joueurs a plus de soixante ans. Il porte une chasuble jaune pour que les autres fassent attention. C'est du "rugby saucisson". On est là pour s'amuser. Après le match, on mange tous ensemble ».

Cette vision idyllique du rugby amateur a été brutalement ébranlée par ces violences successives, posant des questions cruciales sur la sécurité dans le sport loisir et les dérives comportementales sur les terrains.