Rodney Ah-Kong, le taulier niçois, prêt à tout pour la Coupe de France
À 38 ans, Rodney Ah-Kong incarne l'âme et l'expérience du Nice Volley. Ce samedi 28 mars 2026, en finale de la Coupe de France face à Paris, le joueur de métier entend user de son vécu pour aider son club de toujours à soulever le trophée. Même s'il n'est plus titulaire, il demeure le taulier de cette équipe, vivant sa treizième saison sous le maillot des Eagles. Une légende niçoise, toujours en quête de son premier titre.
Treize saisons à Nice : une histoire d'amour
« Je n'ai plus tenu les comptes honnêtement », confie-t-il avec un rire. « C'est là que tout a commencé pour moi. Lorsque j'ai débarqué ici la première année, j'avais 19 ans. Je me suis vite adapté au climat, pratiquement pareil que chez moi aux Seychelles. Et je suis tombé amoureux de cette ville, de ce cadre de vie. Il y a tout de suite eu ce petit quelque chose de particulier, j'ai été très bien accueilli. Maintenant, je suis un peu l'enfant du club. »
Au milieu de ces années, il est parti à Rennes pendant six saisons. « J'étais encore jeune. On m'a conseillé d'aller voir ailleurs, de tenter une autre expérience. Mais mes liens avec Nice ont toujours été présents, avec une très bonne entente avec le président. Il me disait que si je voulais revenir, je pouvais le faire quand je le souhaitais, que c'était ma maison. »
Un nouveau rôle de leader dans le vestiaire
Rodney Ah-Kong a décidé de ne plus bouger. « J'ai eu des opportunités pour partir, mais après tout ce qu'il a pu se passer avec le Covid, je me suis dit qu'il valait mieux que je reste dans un endroit où je me sens comme chez moi. S'adapter à un nouveau club n'est jamais simple, alors qu'ici je me sens libre, je connais la ville parfaitement. J'arrive vers la fin, je veux finir ici, là où j'ai commencé. Mais pour le moment, je me sens encore bien physiquement, avec l'envie de continuer. »
Cette année, son rôle a changé. « Disons que j'ai passé le flambeau depuis la fin de l'année dernière. On a discuté avec le coach. Il m'a parlé, expliqué la situation, j'ai accepté. Le but étant que je sois un leader de vestiaire, que les jeunes puissent me demander des conseils et que je sois là pour eux. J'ai un nouveau rôle, je fais en sorte que tout se passe bien en apportant mon expérience. Je savais que ce moment allait arriver : j'aide le groupe comme je peux et je reste prêt et compétiteur dès qu'on fait appel à moi. »
La blessure de 2023 et la soif de revanche
Lors de la finale 2023 face à Tours, il s'est blessé rapidement. « Forcément, c'est un souvenir douloureux. Personne ne veut se blesser, et encore moins dans une finale de coupe de France lors du premier set. Mais j'ai appris à relativiser, j'ai oublié. Ça aurait pu être pire, et je suis bien revenu de cette blessure. C'est tout ce qui compte. Tours, à l'époque, c'était encore plus une machine de guerre qu'aujourd'hui, avec des joueurs impressionnants. Peut-être qu'au moment où je me blesse, les gars sont sortis mentalement de leur match. »
Il est le seul rescapé de cette défaite en 2023. Selon lui, une finale se joue sur « les détails, la gestion des émotions, l'envie. Il faut avoir envie de tout casser, tout simplement. Je pense qu'on gagne la demie à Tours car on avait une envie débordante comme on ne l'a jamais eue. Derrière, même menés 2-0, on a eu foi en nous pour tout renverser. La finale, c'est un seul match, il faut tout laisser sur le terrain. C'est spécial, on veut aller au bout de l'histoire. Mentalement, c'est à nous de puiser dans nos réserves, on est préparés pour ça. »
Un titre qui récompenserait tout un club
Ce titre représenterait beaucoup pour le NVB. « Pour Nice, gagner serait un exploit. Arriver en finale en 2023 et de nouveau cette année, ça l'est déjà. Tout le monde se focalisait sur les grosses écuries, mais nous, on avait cette envie de tout renverser. En coupe, il n'y a plus rien qui compte. C'est spécial pour le club, il y a une attente incroyable autour de nous, on le sent. Ça récompenserait tout ce groupe, le staff, les dirigeants, nos supporters. Et pour ma part, après deux finales perdues (une avec Nice et une avec Rennes), je veux plus que jamais ce trophée. »
Rodney Ah-Kong, avec son expérience et sa détermination, incarne l'espoir du Nice Volley. Ce samedi, il compte bien tout donner pour enfin inscrire son nom au palmarès et offrir un titre historique à son club de cœur.



