Pour la première fois depuis la création de la ligue d'Occitanie, au moins un club de l'Hérault participe à chaque finale des championnats régionaux. Une performance inédite saluée par Cédric Garcia, président du comité de l'Hérault, qui y voit le fruit d'un travail de fond sur la formation et le jeu.
Une présence historique dans toutes les divisions
En Régionale 3, la finale est 100 % héraultaise : le Stade Bessanais affronte Les Trois Clochers (Cruzy, Saint-Chinian). En Régionale 2, le Pic Saint-Loup est en lice, tandis qu'en Promotion R2, Les Rives d'Orb défendront les couleurs du département. En Réserves de R3, Villeneuve-lès-Maguelone est également finaliste. En R1, Olonzac, bien qu'héraultais, est rattaché au Minervois.
Cette surreprésentation n'est pas le fruit du hasard. Selon Cédric Garcia, "un profil ressort : ce sont des clubs qui ont un grand volume de jeu et qui ont appris de leurs échecs. Je pense notamment à Bessan qui, après avoir perdu la finale des Terroirs, a su repartir sur un rugby complet et de mouvement."
Un virage vers le jeu de mouvement
Le président du comité évoque une mutation profonde du rugby héraultais : "Un virage intéressant a été pris : on n'est plus dans le tout combat – qui était un peu notre identité – mais plutôt dans le jeu, grâce aux clubs qui ont réussi à compléter leur jeu, voire à le modifier."
Cette évolution se vérifie aussi chez les battus : des clubs comme Villeneuve-lès-Maguelone, vainqueur des départementales, ou Maureilhan Montady et Nissan Colombiers en R2, ont montré un jeu de qualité. "La demi-finale de l'Occitanie entre le Pic Saint-Loup et Murviel Thézan a été remarquable par le choix managérial du jeu", ajoute Garcia.
Une réussite grâce aux éducateurs et à la structure
Le dirigeant attribue ces succès au travail des éducateurs dans les écoles de rugby : "En Régionale 3, on a des clubs bien structurés dont le volume de joueurs permet d'avoir des réserves, ce qui est exceptionnel. On a une belle qualité d'entraîneurs, aujourd'hui récompensée par ces qualifications."
Il se félicite que cette réussite dépasse le cadre des finalistes : "Bien sûr qu'on en tire de la fierté, mais cela valide surtout le très bon travail engagé depuis des années par nos éducateurs."
Un rugby qui fait du bien après les violences de l'hiver
Pour Cédric Garcia, ces finales sont une bouffée d'air frais après les incidents violents survenus cet hiver, qui ont terni l'image du rugby héraultais. "Cela fait du bien après la violence traversée cet hiver. Les Héraultais, ce n'est pas que ça. Notre rugby n'a pas de frontières, c'est à tous que cela fait du bien de voir de belles équipes sur le pré pour un titre."
Des jeunes prometteurs
Les catégories jeunes confirment cette bonne santé. Les moins de 13 ans ont remporté le Tournoi Chevrier à Avignon, invaincus et sans encaisser d'essai. En moins de 14, le prestigieux tournoi Batigne a été gagné après dix ans de disette, avec seulement deux essais encaissés. "Ce sont nos futurs professionnels. Le travail technique part de là", souligne Garcia.
Il conclut avec enthousiasme : "Les finales jeunes du terroir à Mauguio ont été très belles. Je n'y ai pas vu un mauvais geste, seulement des gens qui aiment le ballon, ça galope de partout, ça s'amuse."



