Une nouvelle gouvernance pour un club en difficulté financière
Le Rugby Club Villeneuvois (RCV) a tourné une page cruciale jeudi soir lors de son assemblée générale extraordinaire. Un nouveau bureau a été élu, avec une innovation notable : la présidence est désormais partagée entre trois figures emblématiques. Daniel Courret, ancien président, reprend du service aux côtés de son fils Bastien et de l'ancien joueur Mathieu Martin. Cette décision, prise à l'unanimité des licenciés présents, reflète la volonté de mutualiser les responsabilités face à des défis de taille.
« La responsabilité d'un club comme ça, ça ne peut pas reposer sur une seule tête », a souligné Mathieu Martin, reconnaissant la difficulté de la tâche. Le club, promu en Fédérale 3, reste en effet lourdement endetté, avec un passif de 60 000 euros à ce jour. Cette situation financière préoccupante a été au cœur des débats, dressant un tableau des embûches à surmonter.
Un héritage financier lourd et des explications multiples
Le bilan comptable présenté par Benoît Thérin, partenaire du club et nouveau membre du comité directeur, a confirmé les craintes. À la clôture des comptes du 30 juin dernier, le déficit s'élevait à 70 000 euros. « On a dû trancher, des joueurs ont fait des efforts, on a stoppé l'hémorragie », a résumé Jérôme Colombini, le président sortant devenu secrétaire adjoint. Malgré ces mesures, la dette résiduelle de 60 000 euros pèse comme une épée de Damoclès.
Les raisons de ce marasme sont multiples :
- Des résultats sportifs décevants qui ont éloigné les spectateurs.
- Les travaux prolongés du stade Myre-Mory, pointé du doigt par Michel Laville, adjoint au maire chargé des sports.
- Des choix contestés de l'ancien comité directeur.
Les ennuis ont débuté dès la saison de la montée en Fédérale 2, avec un premier déficit de plus de 30 000 euros, qui a doublé l'année suivante. Aujourd'hui, le club ne compte plus qu'un seul salarié, contre huit il y a deux ans, dont cinq dédiés aux équipes jeunes.
Une centaine de personnes mobilisées et des espoirs pour l'avenir
Près d'une centaine de personnes ont assisté à cette assemblée générale, signe de l'attachement à l'avenir du club. Des pensées ont été adressées à David Ardilouze, le manager contraint de suivre la fin de saison à distance pour raisons de santé. Malgré les difficultés, un exploit a été réalisé dimanche dernier sur le terrain de Casteljaloux, montrant que l'esprit combatif perdure.
Le nouveau comité directeur, fort de 14 membres, inclut de nombreux anciens joueurs et bénévoles déterminés à redresser la barre. « Il faut continuer à former nos jeunes », a insisté Jérôme Colombini, rappelant que le RCV est l'un des cinq clubs du département à porter les couleurs des équipes jeunes.
Des perspectives de rebond avec de nouvelles énergies
Pour relancer la dynamique, le club peut compter sur l'arrivée d'Alain Garcia, ancien entraîneur des espoirs du SUA, officialisé comme manager pour la saison 2026-2027. « On ne part pas de zéro. 20 ans, c'est le bel âge. On est plein d'enthousiasme. Parfois un peu trop », a-t-il déclaré, affichant un optimisme mesuré.
La coprésidence, inédite dans l'histoire du RCV, symbolise une nouvelle ère de gouvernance collégiale. Face à une dette tenace et aux défis sportifs de la Fédérale 3, Daniel Courret, Bastien Courret et Mathieu Martin devront conjuguer leurs efforts pour redonner au club sa stabilité et son lustre d'antan. Le chemin sera long, mais la mobilisation des anciens et des supporters laisse entrevoir une lueur d'espoir pour ce club de rugby cher à la communauté villeneuvoise.



