Un amuse-gueule en passant. C'est toujours bon à prendre, même pour un ogre. S'il dévore l'Ulster comme on peut s'y attendre ce vendredi soir (21 heures) sur la pelouse du stade San Mamés de Bilbao et s'il décroche par la même occasion la Challenge Cup (son 3e titre dans cette compétition après 2016 et 2021), Montpellier apparaîtra encore un peu plus comme un monstre effrayant. Prêt à se lancer ensuite à la conquête du bouclier de Brennus dans un Top 14 où, dauphin du Stade toulousain au classement, il est en position de se qualifier directement pour les demi-finales à deux journées de la fin de la phase régulière.
Une étape cruciale pour le MHR
« Le match qui arrive, ce n'est pas un plus. Il faut absolument qu'on le gagne parce qu'il y a une dynamique qu'il faut arriver à préserver si on veut bien figurer en Top 14 après cette finale », a lâché Joan Caudullo, le manager de cette équipe en pleine ascension. « Ce serait une première étape dans ce qu'on veut mettre en place, ça montrerait un peu à tout le monde qu'on a évolué et que maintenant, on peut être dans la cour des grands et pas des petits comme on l'est depuis l'après-titre », a surenchéri Lenni Nouchi, le 3e ligne international et capitaine de 22 ans.
La finale à Bilbao est donc une étape. Juste une étape. Pas de quoi rassasier ce glouton qui collectionne les succès (19 sur les 22 derniers matchs) après des mois de doute et une danse involontaire et dangereuse au bord du précipice. Il y a deux ans, le MHR, dégringolant la pente après le bouclier de Brennus décroché en 2022, avait en effet sauvé sa place en Top 14 lors d'un barrage de descente remporté sur le fil, en tremblant, contre Grenoble.
Une reconstruction réussie
Mohed Altrad, le président, et Bernard Laporte, le directeur du rugby, ont alors confié les rênes à Joan Caudullo, un entraîneur du cru et l'ont entouré, entre autres, d'anciens joueurs comme Benoît Paillaugue et Geoffrey Doumayrou. Ce dernier est aujourd'hui salué par tous pour son travail sur le secteur défensif au point que le XV de France s'intéresse à lui pour étoffer son staff en vue de la Coupe du monde 2027 en Australie.
Une recette simple mais efficace
Mais ce retour vers les sommets ne s'est pas fait en un jour. Il y a six mois, le MHR piétinait encore, cherchant des repères dans un jeu frontal, axé sur une défense de fer et une puissance peu commune. Des repères qu'il a fini par trouver. « Le staff est là depuis plus d'un an et demi, on peut donc apporter de la constance dans le projet, ajoute Lenni Nouchi. Depuis novembre, une alchimie s'est créée. On a réussi à tous se connecter, les joueurs, le staff, pour créer ce résultat qu'on a à l'heure actuelle. »
La recette est simple finalement. Pas de stars ni de flamboyances, mais une rigueur et une cohésion propulsant une horde musculeuse et hermétique devenue difficile à arrêter. « On arrive à surprendre un peu tout le monde avec un jeu qui n'est pas forcément le plus beau à regarder, constate Lenni Nouchi. La plupart du temps, un joueur préfère attaquer que défendre. On a appris à aimer défendre ensemble, on le travaille énormément. » Au point de prendre goût à ce rugby solidement ancré sur ses bases. Un rugby à l'ancienne, loin des cavalcades bordelaises ou toulousaines, loin du jeu offensif prôné par les grandes nations aujourd'hui.



