Levani Botia, la légende fidjienne du Stade Rochelais, brille toujours à 37 ans
Légende et doyen des Jaune et Noir, le troisième ligne fidjien est surtout le joueur le plus régulier du Stade Rochelais depuis le début de la saison. Sa longévité exceptionnelle s'explique principalement par le niveau constant de ses performances, mais Levani Botia a un point faible qu'il a récemment révélé.
Un aveu surprenant après un match épique
En janvier, après un revers mémorable chez le Leinster où il avait été élu joueur du match, Botia nous a confié : « Je ne suis pas doué pour aller voir le kiné par moi-même. » Pourtant, à 37 ans – fêtés le 14 mars – et après 241 batailles pour le club rochelais, on imaginerait que le vétéran serait le premier à s'allonger sur une table de soins pour prolonger sa carrière.
« J'y vais seulement quand je suis blessé, ou si le staff dit que c'est une priorité pour tout le monde… », explique-t-il avec un sourire. Malgré cet apparent laxisme, Botia enchaîne les rencontres – 22 sur 23 possibles – et n'a manqué que le déplacement en Afrique du Sud en Champions Cup, dans un club pourtant miné par les blessures.
Des statistiques qui défient l'âge
Le joueur surnommé « Lep's » par ses coéquipiers n'a pas changé sa routine, et ses chiffres sont éloquents. Il cumule plus de titularisations (15) que les quatre joueurs de Top 14 plus âgés que lui réunis : Ma'a Nonu (Toulon, 43 ans), Benjamín Urdapilleta (Perpignan, 40 ans), Leone Nakarawa (Castres) et Maxime Machenaud (Bayonne), tous deux âgés de 37 ans.
Surtout, Botia reste le maître incontesté des grattages en championnat avec 14 ballons récupérés cette saison. Nolann Le Garrec, arrivé l'été dernier après l'avoir affronté avec le Racing, estime que « c'est exceptionnel de faire ça. Et je ne parle même pas d'âge. Si un joueur de 20 ans faisait les mêmes matchs, nous serions tous impressionnés… »
Une prolongation attendue et un statut unique
La légende maritime, chouchou de Deflandre et dernier rescapé de la montée en 2014, devrait prolonger son contrat. Spécificité qui en dit long sur son niveau et son statut, c'est à l'ancien international fidjien de fixer son destin en Charente-Maritime. « Si je veux encore continuer, alors rien n'est impossible », souffle-t-il.
Patrice Collazo, qui l'a recruté et a eu l'idée de le positionner en troisième ligne, avait déclaré que prolonger ce phénomène était une bonne idée, à condition de le ménager pour qu'il soit au meilleur de sa forme. « Papy », comme l'appellent certains coéquipiers, repousse constamment les limites, au point de chambrer Ma'a Nonu lorsque celui-ci s'est retrouvé troisième ligne avec le RCT à Deflandre.
Le secret de sa longévité : sociabilité et modération
« Ce n'est pas normal pour certains de nous voir jouer à cet âge », reconnaît Botia. « Mais je le fais pour le plaisir. Le rugby, c'est ce que j'aime le plus, c'est ma vie. L'âge n'est qu'un nombre. Tant que vous prenez soin de votre corps, il est incroyable. »
Le Fidjien jure ne pas avoir de secret particulier : « Je continue juste à faire attention à moi, parce que je connais mes limites. Je ne dois pas trop manger. L'alcool ? Seulement quelques verres après les matchs, et pas à chaque fois. Ce n'est pas ma vie. »
En revanche, il apprécie toujours autant de rassembler dans son garage pour boire le kava, une boisson traditionnelle des îles du Pacifique : « Cela m'aide à récupérer rapidement, nous en profitons pour être plus connectés en tant qu'amis. »
Voilà finalement la recette de sa longévité : la sociabilité d'un leader qui « essaie d'apporter de l'énergie aux gars, de les rendre heureux. » Une approche qui fonctionne depuis des années, au grand dam de ses adversaires sur les terrains du Top 14.



