Le huis clos de Marcoussis, un changement de stratégie pour les Bleus
Selon Patrick Arlettaz, l'entraîneur de l'attaque, l'ouvreur Matthieu Jalibert et les centres Nicolas Depoortere et Yoram Moefana ont participé normalement à la séance de mardi à Marcoussis. Un signe positif à quatre jours du match capital à Murrayfield, ce samedi à 15h10.
De l'ouverture au secret : l'évolution des entraînements
Depuis son arrivée à la tête du XV de France en 2020, Fabien Galthié avait instauré une politique d'ouverture des entraînements à Marcoussis. Cette démarche visait à rapprocher l'équipe du public via les médias, qui pouvaient ainsi témoigner du travail du staff et du groupe.
Lors de la tournée de novembre et au début de ce Tournoi des Six Nations, les deux séances hebdomadaires à haute intensité (mardi et mercredi) étaient intégralement accessibles à la presse. Avant le match contre l'Italie, l'accès avait déjà été restreint à une demi-heure.
Cette semaine, alors que se profile le déplacement en Écosse, l'entraînement de mardi s'est déroulé à huis clos complet. Pour celui de mercredi, les caméras ne pourront suivre que le premier quart d'heure, correspondant essentiellement à l'échauffement.
Si le surnom « Marcatraz » – en référence à la prison de la baie de San Francisco – ne resurgit pas officiellement, les Bleus adoptent clairement une approche plus discrète et plus secrète à mesure qu'ils avancent vers un possible Grand Chelem.
Une stratégie délibérée de mystère
Personne ne reprochera à Fabien Galthié et ses adjoints d'entretenir une certaine opacité autour de leur composition d'équipe pour ce match à Murrayfield, identifié comme le principal piège à éviter dans cette quête du Grand Chelem.
Les choix tactiques, notamment au centre, en deuxième et troisième lignes, lèveront une partie du voile sur la stratégie française : privilégiera-t-on la mobilité comme contre l'Irlande (victoire 36-14) et au pays de Galles (victoire 12-54), ou la puissance comme face à l'Italie (victoire 33-8) ?
Des joueurs frais et motivés après la coupure
Après une semaine de repos, durant laquelle 19 joueurs ont été dispensés de Top 14 le week-end dernier, le groupe s'est retrouvé entre dimanche soir et lundi matin à Marcoussis.
« Je vous ai dit en début de Tournoi que c'était important pour nous de savoir ménager un peu la fraîcheur des joueurs, qu'elle soit physique ou mentale », a expliqué Patrick Arlettaz. « Cette semaine a servi surtout à ça. On a retrouvé des joueurs enthousiastes, frais, prêts à en découdre. »
L'ancien manager de Perpignan a confirmé que Matthieu Jalibert, Nicolas Depoortere et Yoram Moefana allaient « très bien » et qu'ils avaient participé « normalement » à l'entraînement. L'ouvreur avait raté la rencontre contre l'Italie après un coup reçu au mollet, tandis que les centres avaient déclaré forfait pour le pays de Galles et l'Italie en raison de douleurs respectivement à un mollet et au genou.
Les surprises et incertitudes de la composition
La participation de Yoram Moefana à la séance de mardi est particulièrement surprenante. Le centre a en effet joué plus d'une demi-heure dimanche soir à Pau avec son club. Habituellement, un joueur ayant participé à une rencontre de championnat le dimanche ne retrouve le terrain de Marcoussis que le mercredi.
Plusieurs questions demeurent quant à la composition finale :
- Les deux centres bordelais retrouveront-ils leurs places de titulaires (comme contre l'Irlande en ouverture du Tournoi) ?
- Les Palois Fabien Brau-Boirie et Émilien Gailleton seront-ils reconduits après leurs excellentes performances lors des deux derniers matchs ?
- En deuxième ligne, privilégiera-t-on la puissance des Toulousains Emmanuel Meafou et Thibaud Flament, ou la mobilité de Mickaël Guillard et Charles Ollivon ?
La composition officielle des Bleus sera dévoilée jeudi matin, mettant fin – partiellement – au mystère soigneusement entretenu par le staff français à l'approche de ce match capital contre l'Écosse.



