La troisième ligne fantôme du XV de France : Cros, Jelonch et Jegou, l'ombre qui étouffe
La troisième ligne fantôme du XV de France : l'ombre qui étouffe

La troisième ligne fantôme du XV de France : une efficacité dans l'ombre

Pour la troisième fois consécutive ce dimanche face à l'Italie, François Cros, Anthony Jelonch et Oscar Jegou composeront la troisième ligne du XV de France. Une formation atypique, peu en vue sur le plan offensif mais terriblement active dans l'ombre du terrain. Comment identifier une troisième ligne qui travaille principalement dans l'ombre ? Quand il est quasiment impossible de trouver une photo de deux éléments sur trois lors des premiers matchs du Tournoi, pourtant largement dominés et remportés par le XV de France contre l'Irlande et le pays de Galles.

L'absence des statistiques habituelles

Cette invisibilité médiatique est presque habituelle pour François Cros, déjà beaucoup plus rare pour Anthony Jelonch. Oscar Jegou est le seul à être occasionnellement « shooté », et encore, c'est toujours à la marge. Dans une équipe qui fait la part belle à l'attaque et aux initiatives individuelles, ces trois joueurs ne se glissent dans aucun top 10 des statistiques habituelles pour leurs postes.

Ni dans les courses avec le ballon (contrairement à l'Anglais Ben Earl), ni au nombre de mètres parcourus après contact (contrairement au Gallois Aaron Wainwright), ni au nombre de ballons arrachés (contrairement à l'Écossais Rory Darge), ni au nombre de touches volées (contrairement aux Italiens Manuel Zuliani et Michele Lamaro). Leur contribution échappe aux indicateurs traditionnels du rugby moderne.

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Les maîtres du combat et de l'étouffement

Les trois Français sont en revanche beaucoup plus présents dans un domaine qui tient une place toute particulière dans les poncifs du rugby : le combat pur et dur. Personne parmi les six nations n'a réussi plus de plaquages offensifs que Jegou (4, Cros en a un de moins), qui est également le troisième plus gros plaqueur du Tournoi avec 34 interventions. Un classement où Jelonch se classe cinquième, malgré son remplacement une demi-heure avant la fin du match à Cardiff.

À l'inverse, Mickaël Guillard et Charles Ollivon, pourtant en deuxième ligne, ont été beaucoup plus en vue ballon en main. « On fait le travail qu'il y a à faire. J'essaie tout simplement d'être utile pour l'équipe. Et si ça passe par un rôle offensif, tant mieux. Sinon, tant pis. Ce n'est pas grave. Il y a suffisamment de choses à faire sur le terrain », souriait cette semaine un François Cros parfois sollicité en touche, l'un des points forts techniques d'Oscar Jegou.

La polyvalence et l'endurance comme atouts majeurs

Outre leur propension à faire chauffer leurs épaules dans les contacts, les deux Toulousains et le Rochelais possèdent une autre qualité essentielle : leur capacité à enchaîner les tâches rapidement, notamment à recharger la ligne défensive après un plaquage, ou offensive après une percussion ou un déblayage. Dans des matchs où le temps de jeu effectif s'envole (45 minutes à Cardiff dimanche dernier, record sous l'ère Fabien Galthié), cette polyvalence constitue un atout précieux qui contribue activement à étouffer l'adversaire.

La confiance du sélectionneur et la relève assurée

« Performance et équilibre », a indiqué Fabien Galthié au moment de justifier leur maintien dans le quinze de départ pour affronter l'Italie ce dimanche à Lille. « À ce poste, il y a des automatismes à développer pour mieux se comprendre dans la circulation offensive, les réactions à telle ou telle action de l'adversaire », glisse l'ancien flanker Olivier Magne (89 sélections). « La question n'est pas tant de savoir si c'est la meilleure troisième ligne dans l'absolu, plutôt si elle est la plus adaptée à la stratégie mise en place. »

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Pour l'instant, le système fonctionne parfaitement. Et cette stabilité laisse sur le flanc un certain Paul Boudehent, « quasiment notre meilleur avant pendant le Tournoi 2025 », note pourtant Galthié. Car sur le banc prend place Lenni Nouchi, 22 ans seulement et des entrées pleines de tonus, « un très gros potentiel qui a tout en bagage », apprécie son sélectionneur. Le vivier à disposition du XV de France ne manque décidemment pas de ressources, avec cette troisième ligne fantôme qui prouve que l'efficacité peut résider dans l'ombre plutôt que dans la lumière des projecteurs.