La Rochelle s'incline en Challenge Cup mais ses jeunes joueurs en retirent des enseignements précieux
Après une victoire à Newcastle la semaine précédente, les Maritimes de La Rochelle ont subi une défaite à Belfast (41-24) face à l'Ulster en quart de finale de la Challenge Cup. Cette rencontre, disputée sans les leaders habituels de l'équipe jaune et noir, a permis aux jeunes joueurs d'accumuler une expérience significative qu'ils devront mettre à profit pour la suite de leur carrière.
Des essais marqués par des joueurs expérimentés en partance
Les trois essais rochelais inscrits lors de cette rencontre ont été l'œuvre de joueurs chevronnés sur le départ. Judicaël Cancoriet, titularisé au dernier moment après le forfait du jeune Russe Kirill Fraindt, a tenu son rang et montré l'exemple tout au long du match. Les remplaçants Tolu Latu et Joel Sclavi ont quant à eux symbolisé l'entrée dynamique du banc rochelais, ce dernier retrouvant enfin ses marques sur le terrain avant de rallier Leicester.
Malgré cette contribution des expérimentés, c'est vers la jeune génération que les regards se sont tournés pendant cette rencontre disputée contre le troisième de l'United Rugby Championship. Comme l'a reconnu Thomas Berjon, la soirée a été « compliquée, comme on s'y attendait », et il est rapidement apparu que La Rochelle ne remporterait pas un second match de phase finale consécutif.
Les jeunes joueurs confirment leur potentiel
Privés de l'apport des leaders habituels de l'équipe, plusieurs jeunes ont confirmé les qualités déjà entrevues lors de précédentes rencontres. Alexandre Kaddouri, entré en deuxième ligne à Newcastle puis à Belfast, s'est montré particulièrement actif et remuant. Nikolozi Sutidze, replacé en troisième ligne vendredi, a également fait bonne impression.
D'autres joueurs moins alignés ces derniers mois ont aussi affiché du potentiel. Christian Luaki, tout juste revenu de son prêt à Soyaux-Angoulême, a marqué des points en ne montrant aucun signe de fébrilité balle en main, gagnant quatorze mètres. Gabin Garault, pour ses deuxième et troisième matchs avec les professionnels, n'a jamais tremblé non plus, parcourant vingt mètres avec le ballon.
Dans une ligne de trois-quarts moins en vue, Ugo Pacome, titularisé à l'aile, ne s'est pas caché. La soirée fut moins réussie pour Diego Jurd (19 ans), qui s'est malgré tout distingué en défense avec neuf plaquages réussis pour un seul manqué, tout en tentant de trouver des brèches. Sacha Elissalde (18 ans) n'a cette fois pas eu l'occasion de se mettre en évidence, mais a lui aussi accumulé une expérience bienvenue.
Des leçons à retenir pour la suite
Alors qu'il ne reste que six matchs à jouer d'ici la fin de la saison régulière de Top 14, ces jeunes joueurs se sont montrés et ont prouvé qu'ils étaient mentalement prêts à répondre présent. Cependant, comme le souligne Thomas Berjon : « L'état d'esprit suffit pour jouer un match de rugby mais pour gagner, il faut rajouter de la précision et on en a manqué. »
Cette remarque ne vise pas spécifiquement les jeunes, mais tous les joueurs devront se souvenir de la leçon, que ce soit dans la gestion des actions dans la zone de marque ou dans le jeu au sol. « Ils nous ont pourri tous les ballons sans être forcément pénalisés quand ils le méritaient », râle le demi de mêlée. « C'est le jeu, on s'y attendait. »
Donnacha Ryan, l'entraîneur des avants, complète : « L'Ulster était très organisé autour des rucks, c'est une chose basique mais qu'on ne peut pas se permettre de sous-estimer. On le répète chaque semaine ; là, les jeunes ont compris que ce n'étaient pas juste des paroles. »
Pour Ryan, une autre bonne leçon de cette rencontre est « la façon dont on a réagi dans la difficulté ». Selon lui, cette quinzaine européenne a été « très bien pour eux mais aussi pour [le staff]. On a été plus en contact avec eux, avec la préparation de deux matchs à l'extérieur et une semaine courte. Ils ont réalisé l'importance d'être préparés pour les entraînements, et le fait que ça tourne très, très vite. »
Ces jeunes joueurs devront maintenant rapidement basculer en mode championnat s'ils veulent jouer d'autres matchs ce printemps. Une perspective qui n'a rien d'improbable, et qui n'est pas uniquement liée à une infirmerie qui déborde, mais aussi au potentiel qu'ils ont démontré lors de cette quinzaine européenne.



