Matthias Halagahu : le long combat du deuxième ligne du RCT pour retrouver les terrains
Après 196 jours d'absence forcée, Matthias Halagahu a enfin rechaussé les crampons. Le massif deuxième ligne du Rugby Club Toulonnais (1,95 m, 122 kg) a livré un témoignage poignant sur son périple médical, marqué par une blessure rare et une opération inédite dans le monde du rugby.
Une décision lourde de conséquences
Victime d'une rupture de la plaque plantaire du pied droit la saison dernière, suivie d'une arthrose dégénérative, Halagahu a dû subir une arthrodèse de l'articulation le 22 septembre 2025. "Cette opération n'avait jamais été faite dans le monde du rugby", confie le joueur de 24 ans. Le chirurgien Ronny Lopes, qui a également opéré Antoine Frisch, ne lui garantissait même pas un retour au haut niveau. "Là, je me suis vu arrêter", avoue-t-il.
La douleur constante et le déclic
Avant l'opération, la situation était devenue intenable : "Je ne pouvais plus pousser en mêlée, je ne pouvais plus enchaîner les courses. Après chaque séance, mon pied était énorme. J'arrivais le matin au Campus en me demandant comment j'allais faire pour m'entraîner". La décision finale a été prise après consultation de ses proches et de multiples réunions avec des spécialistes. "Jusqu'à deux jours avant de partir pour l'opération, dans ma tête, un coup j'y allais, un coup je n'en avais plus envie..."
Le rôle crucial du staff et la double rééducation
L'entraîneur Pierre Mignoni a joué un rôle déterminant en créant un staff dédié et en évoquant ouvertement le risque d'arrêt de carrière. "Je n'oublierai jamais cette phrase", souligne Halagahu. La situation s'est compliquée lorsque, deux semaines après l'opération du pied, une intervention sur le genou s'est transformée en suture du ménisque, ajoutant 4 à 6 mois de convalescence.
"Pendant deux mois, j'ai dû me braquer l'attelle au genou et la botte au pied. Durant six semaines, je n'ai pas pu poser le pied au sol", décrit-il. Le plus grand défi a été de mener deux rééducations de front : "Je bossais le genou, le cardio et le haut du corps le matin, et j'enchaînais l'après-midi avec tout ce qui était consacré au pied. J'ai fait du 8h-17h ou du 9h-18h tous les jours".
Un travail de mobilité colossal
L'opération ayant bloqué l'articulation, Halagahu a dû effectuer un travail de mobilité exceptionnel, particulièrement sur la mêlée avec Éric Dasalmartini et Micka Ivaldi. "J'ai passé plus de temps avec eux que chez moi", sourit-il. Le spécialiste du pied Romain Tourillon, "le king en Europe" selon Halagahu, l'a accompagné durant cette phase cruciale.
Les leçons d'une épreuve
Cette période difficile a enseigné au joueur à "faire la part des choses, relativiser et comprendre qu'il n'y a pas que le rugby dans la vie". Pourtant, son unique combat restait le retour sur les terrains : "Tu te dis qu'il n'y a pas que ça... mais tu ne penses qu'à ça". Aujourd'hui, il se dit "fier d'avoir passé cette étape, de ne plus avoir de douleurs et d'avoir retrouvé les terrains".
Son retour officiel a eu lieu le 28 mars face à Perpignan à Aimé-Giral, marquant la fin d'un chapitre éprouvant mais formateur pour le colosse toulonnais.



