Une victoire tricolore arrachée dans la difficulté
Les Bleus ont finalement remporté une victoire bonifiée sur l'Italie (33-8) ce dimanche dans le cadre du Tournoi des Six Nations, mais cette performance laborieuse contraste avec leurs deux premières démonstrations impressionnantes. Malgré cinq essais inscrits, l'équipe de France dirigée par Fabien Galthié a connu de réelles difficultés face à une sélection italienne combative et bien organisée.
Une tradition de matchs ardents entre voisins latins
Certaines traditions ne changent jamais dans le rugby européen. Que le match se déroule à Lille ou à Paris, que le toit du stade soit ouvert ou fermé, une rencontre entre la France et l'Italie se transforme souvent en une véritable bataille rangée. Ce dimanche n'a pas dérogé à la règle avec un match âpre, heurté et particulièrement bruyant où les nerfs ont été mis à rude épreuve.
Bien loin d'offrir une promotion « instagramable » du rugby dans le nord de la France, cette victoire des Bleus alimentera plutôt la catégorie des passes d'armes laborieuses entre nations latines dans le Six Nations. Au terme de cette rencontre difficile, il convient cependant de ne pas trop noircir le tableau : le rugby reste un sport qui exige parfois de se sacrifier dans les bras de fer les plus arides.
Des difficultés offensives inattendues
Contrairement à ce qui s'était produit il y a deux ans sur cette même pelouse, lorsque les Italiens avaient arraché un match nul (13-13), l'équipe de France a cette fois évité la contre-performance. Pourtant, malgré le score final flatteur, la qualité de la prestation française laisse perplexe.
Le forfait de Matthieu Jalibert (blessure au mollet), officialisé la veille du match, a pesé lourdement dans les difficultés offensives rencontrées par les Bleus. Thomas Ramos, appelé à pallier cette absence au poste de demi d'ouverture, n'a pas toujours semblé à l'aise pour impulser le jeu, même s'il a finalement été décisif. Théo Attissogbe, propulsé à l'arrière, n'a pas non plus pleinement convaincu dans la fameuse « charnière à trois » conceptualisée par Fabien Galthié.
La résilience française face à la pression italienne
« On a eu du mal à construire notre jeu de par la pression défensive italienne », a reconnu Antoine Dupont, le capitaine français omniprésent dans les moments de flottement. Les Italiens, dont les progrès sont réels ces dernières années, ont effectivement perturbé les Bleus avec un rideau défensif agressif et une domination en mêlée.
« Ce sont d'abord eux qui nous ont perturbés », a insisté Dupont. La rudesse du rideau défensif italien, conjuguée à leur supériorité en mêlée, a maintenu les Français sous pression constante. Sevrés de munitions offensives, les Bleus se sont montrés particulièrement approximatifs avec 11 en-avants recensés et des passes coupables, comme celle de Ramos pour Attissogbe qui a abouti à l'essai d'Ange Capuozzo (19-5, 32e).
L'efficacité clinique des Bleus malgré tout
Si ces défaillances n'ont pas été rédhibitoires, c'est principalement grâce à l'efficacité clinique dont ont fait preuve les Français en première période. Louis Bielle-Biarrey (7-0, 3e), Emmanuel Meafou (12-0, 14e) et Thomas Ramos (19-0, 29e) ont sanctionné instantanément les erreurs italiennes.
« On savait que la France se nourrit énormément des turnovers », a déploré Gonzalo Quesada, le sélectionneur italien. « Ils ont été très forts dans ce secteur. Très. » Assis sur cet avantage, les Bleus se sont ensuite arc-boutés sur leur défense avant de sanctionner l'exclusion de Louis Lynagh (71e) par deux derniers essais de Gaël Dréan (26-8, 73e) et Émilien Gailleton (33-8, 77e) dans les dix dernières minutes.
Les ambitions intactes malgré les difficultés
« Je trouve qu'on a su s'adapter avec un jeu moins flamboyant », a souligné Antoine Dupont après la rencontre. Cette capacité d'adaptation pourrait s'avérer précieuse pour la suite du Tournoi. Avant de se rendre en Écosse dans quinze jours, puis de recevoir l'Angleterre à Paris le 14 mars prochain, l'équipe de France reste plus que jamais accrochée à la première place du classement.
Au-delà de ses rêves intacts de Grand Chelem, la formation tricolore pourrait même s'assurer une victoire dans cette compétition en s'octroyant une victoire à cinq points à Édimbourg. « Il faudra forcément de la résilience pour entretenir les rêves de Grand Chelem », a conclu le capitaine français. Une résilience dont les Bleus ont justement fait preuve ce dimanche face à une Italie plus coriace que jamais.



