Les Bleus dominent l'Italie mais révèlent des faiblesses avant le choc écossais
L'équipe de France de rugby a remporté sa troisième victoire consécutive dans le Tournoi des Six Nations en battant l'Italie 33-8 à Lille ce dimanche. Malgré une performance moins étincelante que lors des deux premières journées, les Bleus ont parfaitement maîtrisé leur sujet et conservent leurs ambitions de Grand Chelem intactes.
Une victoire laborieuse mais précieuse
Les Français ont dû attendre la 72e minute et l'essai de Gaël Dréan pour décrocher le précieux bonus offensif. Avec maintenant quatre points d'avance sur l'Écosse et six sur l'Irlande, ils peuvent mathématiquement s'assurer de la victoire finale dans le Tournoi en cas de succès à Murrayfield le 7 mars prochain. Une victoire qui leur ouvrirait la voie vers le Grand Chelem une semaine plus tard face à l'Angleterre au Stade de France.
Fabien Galthié, le sélectionneur, reste cependant prudent : "Connaissant cette équipe écossaise et en se rappelant l'expérience qu'on avait vécue en 2020, où on avait été très bien reçus après trois victoires...", a-t-il rappelé en référence à la défaite française cette année-là (28-17).
Bielle-Biarrey entre dans l'histoire
Louis Bielle-Biarrey a écrit une nouvelle page de l'histoire du rugby français en devenant le premier joueur à inscrire au moins un essai lors de huit matchs consécutifs dans le Tournoi des Six Nations. L'ailier de l'UBB tourne à un rythme impressionnant en équipe de France avec 24 essais en seulement 25 sélections.
Le jeune joueur reste cependant modeste : "Je suis content de marquer et que ça aide l'équipe, mais un match ne se résume pas qu'aux essais. On a eu beaucoup de sale boulot, des situations d'urgence dans nos 22 mètres. Si on ne fait pas ça, le grand public ne s'en aperçoit pas forcément, mais les coachs nous en parlent beaucoup."
Des préoccupations techniques persistent
La rencontre a cependant révélé certaines faiblesses préoccupantes pour l'avenir. La mêlée française a connu des difficultés face aux Italiens, subissant quatre sanctions : trois pénalités et un bras cassé. Dorian Aldegheri s'est notamment mis deux fois à la faute, rappelant les interrogations persistantes sur le poste de pilier droit.
Fabien Galthié reconnaît le problème : "On peut faire mieux. C'est un axe de travail, clairement. Ça permet aussi de saluer Uini Atonio qui contribuait depuis longtemps à la performance de notre mêlée. Maintenant, il faut arriver à trouver d'autres joueurs."
Une défense de fer
En revanche, la défense française a brillé par son efficacité. Avec seulement 8 points concédés et 138 plaquages réalisés (dont seulement 12 manqués), les Bleus présentent la meilleure défense du Tournoi. Le rideau tricolore s'est transformé en véritable assurance tous risques à Lille.
Les statistiques sont éloquentes : 34 points concédés au total, bien mieux que l'Écosse (61), l'Irlande (70), l'Angleterre (80) ou le pays de Galles (128). Cette solidité défensive pourrait s'avérer décisive lors du déplacement à Édimbourg dans quinze jours.
Les casse-tête de Galthié avant l'Écosse
Alors que les Bleus bénéficient d'une semaine de coupure, Fabien Galthié doit résoudre plusieurs dilemmes pour la rencontre face à l'Écosse. Plusieurs retours de blessés pourraient bouleverser l'équipe type.
Matthieu Jalibert, contraint au forfait contre l'Italie, espère que son mollet sera rétabli sous une dizaine de jours. Son retour reste cependant incertain, ce qui pourrait ouvrir la porte à Romain Ntamack, désormais apte à jouer.
Autre cas à suivre : celui de Yoram Moefana, touché au genou face à l'Irlande. En son absence, Fabien Brau-Boirie a montré l'étendue de son talent, mais la dimension physique du centre bordelais pourrait être privilégiée par le staff pour le match contre les Écossais.
Le sélectionneur français devra dévoiler dans les prochains jours une nouvelle liste de 42 joueurs pour préparer ce déplacement capital à Murrayfield, où les Bleus pourraient décrocher mathématiquement le Tournoi des Six Nations 2024.



