Une démonstration de force des Bleus à Cardiff
En ces temps de bouleversements géopolitiques, un nouvel acte de domination sportive a été enregistré sur le territoire européen. Le week-end dernier, le pays de Galles s'est transformé en une principauté française, non par les armes, mais par le bruit des chants franchouillards et la supériorité écrasante du rugby tricolore. Dans les tribunes du Principality Stadium, les supporters gallois ont assisté, impuissants, à une annexion symbolique orchestrée par le XV de France.
Un succès historique et bonifié
Dix jours après leur brillante victoire face à l'Irlande en ouverture du Six-Nations, les Bleus n'ont fait aucun quartier à Cardiff. Face à des Gallois en perdition, qui ont concédé leur 23e défaite en 25 matchs, l'équipe de France a inscrit huit essais pour un succès bonifié de 12-54. Si le record de la plus large victoire de 1998 à Wembley (51-0) tient toujours, jamais une équipe française n'avait marqué autant de points à Cardiff.
Cette performance, bien que face à une génération galloise en difficulté, conforte les Bleus dans leur statut de favori pour le Tournoi. Après la défaite de l'Angleterre à Édimbourg, la France se retrouve en tête du classement du Six-Nations, plus que jamais drapée dans le costume de prétendant au Grand Chelem.
La retenue d'Antoine Dupont face aux ambitions
Interrogé sur l'objectif du Grand Chelem, le capitaine Antoine Dupont a temporisé avec un sourire : « Vous allez faire votre boulot, nous, on va faire le nôtre. On a l'expérience pour se dire que, jusqu'à la dernière journée, le Tournoi n'est jamais gagné. Oui, on est en bonne position. Mais il reste trois gros matchs. Il faut le prendre avec le plus de sérieux possible. »
La prudence du leader des Bleus est compréhensible. Après avoir affronté l'Italie à Lille, ses partenaires devront effectuer un périlleux déplacement à Édimbourg avant de conclure avec la réception de l'Angleterre au Stade de France. L'histoire récente rappelle que beaucoup de choses peuvent se passer d'ici au 14 mars prochain.
Un festival offensif et une marge de progression
Au cœur de ce succès, plusieurs réalisations individuelles ont marqué les esprits. Fabien Brau-Boirie, pour sa première sélection, a inscrit un essai dans un style très « jauzionnesque », après une passe de Matthieu Jalibert. Émilien Gailleton a également brillé, symbolisant la rapidité avec laquelle les Bleus se sont projetés dans les brèches, grâce aux courses d'Antoine Dupont et à l'organisation de Charles Ollivon et Théo Attissogbe.
Mais au-delà des cas particuliers, c'est la capacité collective à renverser la pression adverse qui est la plus saisissante. « C'est le résultat de beaucoup de lecture, de la part de Thomas Ramos et Matthieu Jalibert au fond du terrain. Mais aussi beaucoup de disponibilité de la part de nos ailiers et de nos centres pour se replacer », a expliqué Dupont.
Malgré quelques occasions gâchées, les Bleus ont su recentrer leur jeu pour retrouver leur efficacité, démontrant une réelle maturité. Fabien Galthié a regretté ces déchets, mais cette marge de progression pourrait inquiéter les futurs adversaires du XV de France. À ce rythme, l'Europe du rugby pourrait bien devenir française dans les semaines à venir.



