Fourchettes au rugby : Oscar Jegou menacé de suspension, retour sur les cas marquants
Auditionné ce mercredi pour son mauvais geste sur le visage d’Ewan Ashman lors du match contre l’Écosse samedi dernier, Oscar Jegou pourrait venir s’ajouter à la liste des joueurs déjà suspendus pour une fourchette. Ce geste, qui consiste à mettre ses doigts en contact avec les yeux d’un adversaire, a longtemps été toléré sur les terrains avant de devenir de plus en plus rare avec l’arrivée des retransmissions et de l’arbitrage vidéo. Cependant, il refait parfois surface, malgré les sanctions sévères qui en découlent. Retour sur quelques fourchettes et leurs suspensions marquantes dans l’histoire du rugby.
Eben Etzebeth : Le cas le plus récent (2025)
C’est le cas le plus récent dans le monde du rugby mondial. En novembre 2025, à la 78e minute d’un test-match entre l’Afrique du Sud et le pays de Galles à Cardiff, où les Springboks menaient 73 à 0, Eben Etzebeth a enfoncé son pouce dans l’orbite du Gallois Alex Mann. Une exclusion logique au vu des images, mais une suspension de seulement 12 semaines a été décidée par la commission de discipline. Cette décision a suscité des débats, notamment en comparaison avec d’autres sanctions infligées pour un tel geste, en particulier aux joueurs français.
David Attoub : Le record absolu (2009)
Le pilier français détient la palme de la plus lourde sanction de l’ère professionnelle pour ce geste. Lors d’un match de Coupe d’Europe entre le Stade Français et l’Ulster à Belfast en décembre 2009, David Attoub est filmé avec les doigts enfoncés dans l’œil de Stephen Ferris, alors au sol après un ruck. La preuve en images ne laisse aucune place au doute. Le verdict tombe : 70 semaines de suspension, ramenées à 52 semaines en appel. Cette sanction l’a éloigné des terrains pendant un an, marquant un précédent sévère.
Julien Dupuy imite Attoub (2009)
Ironie du sort, lors du même match Stade Français-Ulster, le demi de mêlée Julien Dupuy commet le même geste sur le même joueur, Stephen Ferris. Bien que son geste ait été jugé légèrement moins grave que celui de son coéquipier Attoub, Dupuy écope initialement de 24 semaines, finalement réduites à 23 semaines en appel. À l’époque, il était le numéro 1 au poste de demi de mêlée en équipe de France, et cette suspension lui a fait perdre sa place de titulaire chez les Bleus juste avant le Tournoi des Six Nations. Il n’a plus jamais réellement eu sa chance en Bleu par la suite.
Seulement trois semaines pour McDowall (2024)
Lors d’un match de Champions Cup à Toulon en décembre 2024, le centre écossais des Glasgow Warriors, Stafford McDowall, a été épinglé pour un contact avec la zone oculaire du troisième ligne toulonnais Facundo Isa. L’incident a eu lieu dans un maul où, en tentant de contester le ballon, la main de McDowall a glissé sur le visage de l’Argentin. Le geste ayant été jugé imprudent plutôt que délibérément malveillant par la commission, il a écopé de trois semaines de suspension, une sanction relativement légère comparée à d’autres cas.
Sergio Parisse : la fourchette flagrante (2009)
Difficile de ne pas le voir celui-ci. En juin 2009, lors d’un test-match contre les All Blacks, le numéro 8 italien Sergio Parisse est impliqué dans un maul près de sa ligne d’en-but. Agacé par la position d’Isaac Ross dans le maul, il touche les yeux du deuxième ligne néo-zélandais. Bien que Parisse ait plaidé la maladresse dans un secteur de jeu congestionné, il a écopé de huit semaines de suspension, soulignant la tolérance zéro pour ce type d’action.
Richard Loe : Le précurseur (1992)
L’All Black Richard Loe est souvent cité comme le premier cas majeur ayant forcé le rugby à s’attaquer au problème des fourchettes. En 1992, lors d’une finale provinciale en Nouvelle-Zélande, il agresse délibérément Greg Cooper au visage. L’image de Cooper hurlant de douleur au sol a marqué les esprits, et Loe est suspendu six mois. À une époque où le rugby était encore amateur et souvent bien plus violent, cette sanction a envoyé un premier signal fort : les yeux sont une zone rouge absolue, un principe qui reste d’actualité aujourd’hui.



