Un match de rugby basculé par une décision arbitrale controversée
Les supporters du SU Agen pensaient avoir pris une belle option sur la victoire vendredi soir face à Béziers. Menant de quatre points (9-13), les joueurs lot-et-garonnais croyaient avoir marqué un deuxième essai en seconde période. Mais le refus de l'arbitre d'accorder cette pénalité a clairement constitué le tournant décisif de cette rencontre disputée dans l'Hérault.
La 55e minute qui a tout changé
Il n'est pas toujours aisé d'identifier avec précision le moment exact où bascule un match de rugby. L'action qui modifie radicalement la physionomie d'une rencontre. La décision qui transforme un succès attendu en une défaite amère. Pourtant, vendredi soir au stade de Béziers, aucun doute n'était permis selon les observateurs.
En conférence de presse à chaud, Mauricio Reggiardo, le manager argentin du SUA, ne s'y est pas trompé en évoquant cet essai refusé aux Agenais. « On jouait alors la 55e minute », a-t-il rappelé. « Lebian et ses partenaires menaient de quatre points (9-13). Les avants enchaînaient les charges à quelques mètres de la ligne d'en-but biterroise. »
La séquence semblait prometteuse : Idjellidaine écarte pour Willis, qui sert Dupichot dans son dos. L'arrière inscrit ce qui aurait dû être son quatrième essai de la saison. Le tableau d'affichage aurait alors affiché 9-18, puis probablement 9-20 après transformation. « Le match n'était pas plié, mais on prenait une bonne option », a reconnu Reggiardo.
Le scénario qui n'a jamais existé
Mais ce scénario optimiste n'a jamais dépassé le stade de la fiction. Après visionnage vidéo, l'arbitre a refusé logiquement l'essai pour un passage à vide de Ramoka, qui gênait la défense héraultaise. Il est toutefois revenu sur une faute préalable des locaux, sanctionnant le talon d'un carton jaune et accordant une pénalité à 5 mètres.
Les Agenais ont décidé de jouer cette pénalité à la main, mais ont rapidement perdu le ballon. « On finit 70 mètres plus loin et on prend 3 points », a résumé amèrement Mauricio Reggiardo. En moins de trois minutes, le SUA est ainsi passé d'une avance potentielle de 11 unités à un infime écart d'une seule longueur.
Le début de la fin pour les visiteurs
Ce moment a marqué le début de la déroute pour les visiteurs. « À ce moment-là, il n'y avait pourtant pas le feu, mais nous, on s'est affolés », a analysé le manager. Contrairement aux Biterrois qui se sont enhardis, les Agenais n'ont pas su réagir.
« On sait très bien comment ça fonctionne ici », a poursuivi Reggiardo. « C'est un public qui accompagne son équipe, à condition que ça marche bien. Pendant soixante minutes, on ne l'a pas entendu. Les vingt dernières, on n'a entendu que lui. » Au grand désarroi des vaincus.
Le manager a pointé une différence fondamentale : « C'est ça la différence entre une équipe du top 6 et une qui n'est pas dedans. Quand une action se passe mal, la première switche et passe à autre chose. Nous, nous n'en avons pas été capables. On est resté sur cet essai refusé. »
Cette fameuse 55e minute où tout a basculé pour le SU Agen, transformant ce qui semblait être une victoire à portée de main en un revers cinglant 32-13. Une leçon amère sur la capacité à rebondir après une décision arbitrale défavorable, élément crucial dans le rugby professionnel moderne.



