La Défaite du Stade Rochelais Face à Lyon : Une Analyse Approfondie
Au-delà des essais trop facilement accordés, la défaite contre Lyon a été précipitée par des mouvements au large trop lisibles, car vus très souvent et manquant cruellement de précision. Attention, donc, à la meilleure défense du Top 14. Sincèrement, on n'avait pas senti que la menace lyonnaise pouvait déboucher, le 31 janvier, sur la plus grosse défaite (24-44) concédée par le Stade Rochelais chez lui depuis 2015.
Les Carences Tactiques et la Menace Montpelliéraine
En revanche, au regard de ce que propose Montpellier depuis plusieurs mois – un pack très solide, une conquête rayonnante, de la longueur au pied, une attaque précise mais aussi la meilleure défense du Top 14, élaborée par l'ancien Jaune et Noir Geoffrey Doumayrou –, on sait depuis longtemps qu'il sera impossible d'être surpris par une démonstration de force héraultaise ce samedi (16 h 35) à Marcel-Deflandre. Cela ne veut pas dire que les Maritimes partent battus d'avance, mais s'ils veulent s'imposer, ils devront jouer d'une façon bien différente de ce qu'ils ont fait face au LOU.
Au-delà de leurs trois cadeaux initiaux – une erreur de défense, une touche jouée vite dans les mains adverses et une interception – qui font enrager Ronan O'Gara, qui déclare : « C'est incroyable que je doive dire ça, mais on est une équipe professionnelle, on a besoin de ne pas refaire des fautes aussi bêtes », les Rochelais ne pourront pas afficher les mêmes carences dans le jeu que contre Jiuta Wainiqolo et ses partenaires.
Les Problèmes de Stratégie et de Confiance
On pense notamment, en fin de match, à ces combinaisons trop souvent vues ces dernières saisons qui consistent à amener le ballon au large via des passes dans le dos et qui ne permettent plus d'avancer, ou de fixer la défense. C'est d'autant moins le cas que, lorsque le SR souffre d'un manque de confiance comme à l'heure actuelle, celles-ci ne trouvent pas preneur, si ce n'est un adversaire ravi de taper dedans pour faire admirer une vitesse qui manque aujourd'hui à la caravelle.
Ronan O'Gara souligne : « À 31-24, on a deux balles pour faire match nul. Mais on n'a pas les compétences, ni une vision, ni l'exécution, pour faire le nécessaire dans ces deux moments. Il n'y a pas de malchance. Si on n'est pas capable de faire ça, on ne mérite rien. » Il ajoute : « Une des plus importantes qualités, dans le sport, c'est la capacité de scanner, de communiquer, de voir des choses avant que ça n'arrive et d'exécuter. Mais quand il y a l'en-but ouvert deux fois dans une même action qui dure deux minutes, on ne peut pas se plaindre. On n'est pas au niveau et on n'a pas les 'skills' nécessaires, il y a donc un travail à faire. »
Les Mouvements Trop Décryptés et l'Entraînement à Reprendre
L'ancien ouvreur ne botte pas en touche quand on le lance sur ces fameux mouvements trop décryptés : « S'il n'y a pas de menace sur la ligne d'avantage, c'est facile à lire, parce que c'est lié à un manque de vitesse, de capacité de porter le ballon, de prise de décision sur la ligne. Pour moi, on doit pouvoir choisir entre la bonne passe, garder le ballon, taper à l'extérieur ou passer derrière le dos. Il y a quatre scénarios possibles dans chaque petite cellule, mais ne jouer que derrière le dos, ce n'est pas ce qui est préparé pendant la semaine… »
Pour Ronan O'Gara, cela dépasse ces actions en question. « Si l'on donne sur l'épaule intérieure du destinataire, qui doit attendre, on n'a pas d'avancée. Est-ce que tu veux le ballon devant toi, ou fixe ? La qualité de la passe est complètement sous-estimée dans le rugby moderne. On s'est beaucoup entraîné à ça ici, on a un peu arrêté parce que c'est ennuyeux… vous imaginez ? », tord-il le nez. Cela pourrait changer.
« On a répété toute la semaine qu'on doit être vigilant quand on se fait des passes », confie Ulupano Seuteni. « C'est une chose sur laquelle nous n'étions pas concentrés contre Lyon. » De quoi entraîner une modification des lancements derrière ? « Pas trop, car il faut avoir confiance dans notre jeu », estime le centre samoan. La présence à son côté de Davit Niniashvili avec le n°13 devrait malgré tout amener une touche de nouveauté dans la ligne d'attaque, sans parler de l'entrée en jeu à prévoir de Nolann Le Garrec, dont une des forces est de passer le ballon devant ses coéquipiers.



