Grégory Guiere, champion de France de bras de fer : un parcours atypique vers l'excellence
Le 26 février 2022, à Mérignac en Gironde, Grégory Guiere a inscrit son nom dans l'histoire du bras de fer sportif en remportant le titre de champion de France dans la catégorie bras gauche de moins de 65 kilos. Cet exploit, réalisé après huit victoires consécutives, marque l'apogée d'un parcours sportif riche et diversifié pour ce trentenaire originaire de Saint-Sauveur-de-Meilhan en Lot-et-Garonne.
Une reconversion réussie après le karting et l'haltérophilie
Avant de se consacrer au bras de fer, Grégory Guiere a pratiqué le karting pendant quinze ans et l'haltérophilie à bon niveau durant une décennie. Un problème de santé l'a contraint à arrêter ces disciplines, le poussant à se tourner vers de nouveaux horizons sportifs. « J'ai voulu m'orienter vers un autre sport : soit le MMA, soit le bras de fer », confie-t-il. C'est finalement la rencontre avec David Vitry, un champion de la discipline habitant en Corrèze, qui a été déterminante en 2016. « C'était lui la référence dans ma catégorie de poids. J'y suis allé essayer et de suite, cela m'a plu. J'y allais tous les quinze jours pour m'exercer », raconte Grégory.
La création du Bras de Fer Aquitaine et l'ascension vers le titre
Motivé par cette nouvelle passion, Grégory Guiere a fondé son propre club, le Bras de Fer Aquitaine, qu'il a installé dans le grenier de la ferme familiale. Après seulement un mois d'entraînement intensif axé sur le renforcement des poignées, des avant-bras et des biceps, il termine deuxième en catégorie amateur, principalement en bras gauche où il excelle. Cette performance l'encourage à passer en senior deux ans plus tard, dans la tranche d'âge de 21 à 40 ans. Sa rapidité et sa technique lui ont permis de dominer la compétition nationale, comme il l'explique : « Il faut de la force et de la technique, contrôler aussi, pour éviter de se blesser. Mais je sais que c'est ma rapidité qui m'a permis de battre tout le monde ».
Vers la reconnaissance olympique et les défis européens
Le bras de fer sportif, qui compte aujourd'hui plus de 200 licenciés répartis dans 30 clubs en France, est en pleine évolution. Grégory Guiere se réjouit de cette dynamique : « Cette année, nous allons être reconnus par l'État comme discipline officielle et on travaille pour participer aux Jeux olympiques ». Après son titre national, le sportif de 39 ans, également apiculteur et éleveur de brebis, vise désormais de nouveaux objectifs. Il prépare activement le championnat d'Europe à Bucarest en Roumanie, prévu en mai 2022, où il affrontera des adversaires réputés comme les Italiens et les Espagnols. Il sera accompagné par Aymeric Pradines, figure emblématique de la discipline surnommée le « Martin Fourcade du bras de fer ».
Démystifier la discipline et surmonter les défis logistiques
Grégory Guiere tient à nuancer les idées reçues sur le bras de fer : « Beaucoup de gens ont peur de venir essayer, de ne pas être à la hauteur. C'est une pratique où il faut laisser de côté l'ego : ce n'est pas parce que l'on a des gros bras que l'on va gagner, ni parce qu'on est frêle que l'on va perdre ». Malgré sa passion, la discipline représente un coût significatif. Grégory cherche actuellement de nouveaux sponsors pour offrir des locaux plus confortables aux adhérents de son club, qui compte trois membres en bras de fer et deux en force athlétique. Il souligne que, contrairement aux pays de l'Est où les sportifs peuvent en vivre, cette reconnaissance financière n'est pas encore une réalité en France.
À travers son parcours, Grégory Guiere incarne la persévérance et l'engagement dans un sport encore méconnu du grand public. Son exploit national ouvre la voie à une visibilité accrue pour le bras de fer, avec l'espoir de voir cette discipline intégrer un jour le programme olympique.



