Le budget déplacements du CBHB explose avec des trajets à 1 300 km en handball
CBHB : budget déplacements en hausse avec trajets à 1300 km

Le budget déplacements du CBHB explose avec des trajets à 1 300 km en handball

Ce samedi, l'équipe de handball de Bayonne-Biarritz, le CBHB, se déplace à Fleury-les-Aubrais, dans la banlieue d'Orléans, pour un match crucial. Ce périple de 1 302 kilomètres représente un défi logistique majeur, poussant les dirigeants à louer un grand bus pour la première fois de la saison. Cette décision alourdit encore un budget déplacements déjà en forte augmentation, atteignant 40 000 euros cette saison, soit une hausse de 20 % par rapport à l'année précédente.

Des distances record qui pèsent sur les finances

Le trajet vers Fleury-les-Aubrais n'est qu'un exemple parmi d'autres. Cette saison, le CBHB a effectué cinq déplacements longs : Fleury-les-Aubrais à 1 302 km, Chambray-lès-Tours à 1 052 km, Bléré à 1 098 km, et Nantes à 1 064 km (avec un aller-retour). Au total, ces cinq voyages représentent 5 580 kilomètres parcourus. S'ajoutent à cela huit trajets en Nouvelle-Aquitaine, plus courts, variant entre 268 et 754 km. Les coûts liés à l'essence, aux péages d'autoroute et à la réservation de minibus font grimper la note de manière significative.

Dans un contexte économique difficile, le président du club, Jean-Pierre Guesnet, exprime son mécontentement : « CBHB n'est pas épargné ». Il souligne l'ironie de la situation pour un club qui n'a pas pu monter en D2 pour des raisons financières, et dont le budget est maintenant mis à mal par ces longs déplacements. L'ajout de deux équipes supplémentaires dans la poule n'a fait qu'aggraver les choses. Guesnet s'interroge : « On se demande comment Fleury, une ville proche d'Orléans, peut être dans le même groupe que Bayonne-Biarritz. C'est surréaliste, inconcevable, déraisonnable. »

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Un découpage géographique contesté

La situation découle du découpage géographique de la commission organisation des compétitions (COC) de la Fédération française de handball (FFHB), qui a été perturbé par la rétrogradation de quatre clubs – Mérignac, Nantes, Celles-sur-Belle et Bergerac – malgré leurs recours. Ces équipes ont finalement été intégrées à la poule du CBHB. Fabrice Arcas, président de la COC, explique : « On s'est vraiment trituré l'esprit pour savoir comment on allait faire. De par l'urgence, c'était ce qui nous semblait être la moins mauvaise solution, le plus facile à gérer. »

Guesnet critique le retard dans l'annonce des poules : « À cause de ces équipes, on apprend la constitution des poules très tardivement, ça recule chaque année. Ils ont du mal à gérer mais ils font au mieux. Cependant, pour moi, Fleury devait faire partie de la poule du nord. Ils sont à une heure de Paris, à quatre de Lille. »

Les conséquences sur les joueuses et les volontaires

Les longs trajets ont aussi un impact humain. Après un match à Chambray programmé un dimanche après-midi, le retour en minibus a été éprouvant pour des joueuses qui étudient ou travaillent le lendemain. Les chauffeurs bénévoles ont dû affronter des conditions difficiles. Guesnet rappelle : « Tout le monde est revenu sur les rotules. » Pour atténuer cela, le club a prévu une nuit à l'hôtel avant le match de Fleury, ajoutant un coût supplémentaire. Il insiste : « C'est insensé de déplacer autant de gens sur une période aussi longue au niveau amateur. En tant qu'asso, on a une responsabilité et des obligations. » Il a même consulté un avocat spécialisé dans les transports.

Pour le déplacement de ce samedi à Fleury, le bureau directeur a opté pour la location d'un grand bus, à un coût de 3 700 euros. Guesnet déplore : « C'est déjà plus de 10 % du budget déplacements sur un seul voyage, le double de ce que ça nous coûte en minibus. C'est considérable. On ne peut pas le dupliquer à chaque fois. »

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Un système de péréquation pour compenser

Pour aider les clubs, la FFHB a mis en place un système de péréquation. Fabrice Arcas détaille : « On compte les kilomètres effectués par chacune des équipes des quatre poules et on établit une moyenne. » Les clubs qui parcourent plus de kilomètres que la moyenne reçoivent une compensation de 1,30 euro par kilomètre supplémentaire, tandis que ceux en dessous paient 1,30 euro par kilomètre non fait. Guesnet commente : « Ce n'est pas énorme mais ce n'est pas négligeable. »

L'enjeu sportif du match contre Fleury

Sur le plan sportif, le CBHB, classé 7e avec 31 points, affronte Fleury, 3e avec 36 points, ce samedi à 20 heures au gymnase Albert-Auger de Fleury-les-Aubrais. Après une défaite face à Saint-Junien (31-44), la vice-capitaine Alice Pichot souligne l'importance de ce match : « Il est hors de question de laisser passer ce match face à Fleury qu'on a gagné de 15 buts au match aller (36-23). Ce sont des gabarits assez lourds. C'est hors de question qu'on les laisse espérer là-bas chez elles. Pour moi, ce n'est pas envisageable de leur donner ce match retour. On a vraiment besoin de cette victoire pour se relancer et ne pas continuer à enchaîner les défaites. »

L'arbitrage sera assuré par MM. Clermont et Lombard, et le CBHB alignera des joueuses comme Gouzien, Legros, Arrijuria-Perurena, Cesbron, Daguerre, Fernandez, Glasset, Iralde (capitaine), Magendie, Masson, Pichot et Roy.