Le capitaine de La Rochelle lucide après une 5e défaite consécutive en Top 14
Capitaine rochelais lucide après 5e défaite en Top 14

Le capitaine de La Rochelle fait le point après une cinquième défaite consécutive

Comme sur le terrain, le capitaine rochelais n'a pas fui ses responsabilités en conférence de presse après la défaite à domicile face au Montpellier Hérault Rugby (33-43). Lucide quant à la situation difficile des Jaune et Noir, il a livré une analyse approfondie de cette série noire qui frappe le club.

Une analyse sans concession de la situation

Quelle analyse faites-vous après cette 5e défaite de rang ? C'est une sensation différente qu'après celle contre Lyon (24-44). On sortait alors d'une semaine assez compliquée, sans entraînement, on se grattait un peu la tête après le match. Là, cette semaine d'entraînement a été la meilleure depuis deux ans, selon moi. Maintenant, on ne règle pas tous les soucis en une semaine. On n'a pas fait le match que l'on voulait faire.

Ce que j'ai dit aux mecs, c'est que si c'était facile d'être dans un vestiaire, il y aurait tout le monde. Oui, c'est dur, ce n'est pas toujours facile, le rugby. Mais on se lève le matin pour faire ce qu'on aime, donc on va continuer à se lever et à être motivé à aller à l'entraînement et semaine après semaine, on va reconstruire. Je pense qu'on est redevenu une équipe, c'est dur à dire, moyenne en Top 14, on est redevenu outsider. Peut-être que c'est ce qu'il nous faut aussi, maintenant : accepter ce rôle et se libérer, comme le disait Ronan, de ce top 6, de la qualif, de ces trucs pour essayer de montrer notre meilleur visage chaque week-end.

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Les défis face à une équipe complète comme Montpellier

Était-ce trop dur, samedi, contre une équipe aussi complète que celle de Montpellier ? Je ne sais pas si c'était trop dur, parce que par moments, on surdomine ; après, on lâche pendant dix minutes, on prend des points trop facilement, on fait trop de fautes. On met énormément d'engagement, je pense que ça se voit, quand même, maintenant, il y a des petites erreurs et on sait qu'en ce moment, ça ne tourne pas en notre faveur. On va débriefer ça et continuer à bosser.

Vous refusez de vous en servir comme d'une excuse, mais la réalité, c'est qu'il vous manque énormément de forces vives, avec autant de blessés. On peut chercher toutes les excuses du monde mais notre quinze de départ aligné est quand même une belle équipe. Oui, on n'a pas un pilier droit à 145 kg, un seconde ligne à 140 kg mais on a d'autres armes. Et puis on le sait, à nous de nous adapter. Et pour autant, on a marqué sur un bus (un ballon porté, NDLR). Juste, il faut accepter la situation. On a quand même du talent et les compétences pour faire avec.

La dynamique brisée et la recherche de fierté

On vous avait vu enthousiaste à Dublin, en janvier, que s'est-il passé depuis, avec ces 5 défaites consécutives ? C'est compliqué mais c'est vrai qu'à Dublin, tu penses relancer une dynamique, mais tu perds deux joueurs, tu te remets la tête en bas contre les Harlequins. À Clermont, tu fais un bon match, tu t'accroches à ce point de bonus, tu peux presque gagner : tu penses que c'est bon, après ce sont les montagnes russes. Ça a été un mois de janvier compliqué, on était en fin de cycle, on s'est très peu entraîné, on n'a pas retrouvé notre routine. Là, on est reparti sur quelque chose.

Il faut arriver à faire abstraction de cette série, prendre les matchs les uns après les autres. On a quinze jours pour préparer Castres, je ne vais pas dire qu'on va aller gagner là-bas parce que ça serait encore se prendre pour d'autres. Il faut rester à notre place, avoir beaucoup d'humilité. Ce qui est sûr, c'est qu'on va aller faire la guerre à Castres et on verra ce que ça donne.

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Vous êtes sur cinq défaites d'affilée, mais on sent que le contexte n'est pas le même que la saison dernière, quand vous aviez enchaîné 9 matchs sans victoire. Est-ce cette expérience qui vous permet de relativiser un peu ? Je ne sais pas, non. Il s'agit surtout de retrouver un peu de fierté. Ce que j'ai dit, c'est que j'en ai marre, le soir après les matchs, de devoir aller me cacher chez moi. Parce qu'il y a quand même ce sentiment de honte. On a un stade qui fait guichet fermé, des supporters qui sont formidables et on n'arrive pas à leur donner ce qu'ils veulent. C'est surtout ça qui m'embête.

En soi, qu'on parle de ''Greg'' Alldritt, je m'en fous mais c'est plus pour tous ceux qui nous entourent, toute cette ville qui compte beaucoup sur nous et qui, malgré tout ce qui se passe, viennent au stade, restent jusqu'à la 80e. Je ne sais pas, j'aurais été supporter aujourd'hui, je me serais cassé à la 70e… Eux ne le font, ne lâchent pas et nous, nous ne lâcherons pas. On est tout un club dans le trou, on va se serrer les coudes et on va s'en sortir.

L'engagement personnel malgré les difficultés

Entre votre blessure au coude, votre non-sélection avec les Bleus et même l'accident cardiaque de Uini Atonio, comment faites-vous pour ne pas relâcher votre investissement personnel ? Déjà, je n'ai pas été élevé comme ça, je n'ai pas grandi avec ces valeurs, que ça soit à Auch ou à La Rochelle. Ce club m'a tout donné, m'a tout fait vivre, c'est grâce à lui que j'ai connu l'équipe de France. Bien sûr que je suis extrêmement déçu de ne pas monter à Marcoussis, de ne pas m'entraîner avec mes potes mais à l'heure actuelle, ma priorité, c'est le club.

Je me dis que si ça va mieux au club, si on remonte la pente, tout en découlera tranquillement. Cette perspective guide mes efforts quotidiens et renforce ma détermination à contribuer au redressement de l'équipe, malgré les obstacles personnels et collectifs.