Boxers de Bordeaux à un match du titre historique face à Grenoble
À l'image de son équipe qui semble déterminée à décrocher son premier sacre et que rien n'a dévié de sa route jusqu'à présent, le portier bordelais Quentin Papillon reste concentré et lucide à l'approche du match le plus important de la saison. Sonder les émotions du gardien de 29 ans n'est pas une mince affaire, surtout à quelques heures du duel crucial contre les Brûleurs de Loups de Grenoble.
Une mission vers le titre
Les Boxers de Bordeaux mènent 3-1 dans la série finale de la Ligue Magnus et jouent pour le premier titre de l'histoire du club, ce samedi sur la glace du Pôle Sud à Grenoble (20h30). En face, les Grenoblois défendront leur titre, eux qui ont déjà subi une lourde défaite en finale de la Coupe de France en février contre Rouen (6-1).
Avant de prendre la route vers l'Isère avec le reste de l'équipe, le flegmatique gardien bordelais a évoqué le chemin parcouru jusqu'à cette balle de match. « Honnêtement, je pense que c'est un match comme un autre », déclare-t-il. « On sait qu'on a fait du bon boulot depuis le début et il faut continuer. Même si on l'a beaucoup dit, ça va être le plus gros match de la saison. Donc, ça va être important de commencer fort, continuer fort et terminer fort. »
Gérer la pression
Banaliser ce match est-il une façon de faire baisser la pression qui accompagne un tel enjeu ? « De toute façon, ça ne sert à rien de se rajouter de la pression en ne pensant qu'à ça », explique Papillon. « Et même pourquoi avoir la pression quand on est là où on veut être ? On fait ce qu'on a à faire, on le fait bien pour le moment, continuons, c'est tout. En plus, à la base, c'est plutôt Grenoble qui a la pression de rester champion, ce sont eux les favoris. De notre côté, on joue nos matchs et on reste concentré sur notre mission qu'on exécute pour le moment quasi à la perfection. »
Cette mission se ressent également dans le fait que l'équipe reste de marbre dans des matchs parfois très rudes. « Avec ce visage, on montre qu'on a de l'expérience », souligne le gardien. « On tient notre route et on ne se laisse plus embarquer dans autre chose que le jeu. On l'avait déjà vu contre Rouen, on l'a revu mercredi face à des coups aussi dangereux qu'ils soient. On joue bien, on pose problème aux autres équipes alors elles essaient de nous faire sortir du plan mais on ne répond pas. »
La force mentale comme atout décisif
Dans une saison marquée par des blessures et une non-sélection pour les Jeux Olympiques, Quentin Papillon a puisé dans ses ressources pour être au rendez-vous des play-offs. « J'essaye de me servir des échecs, des déceptions et des désillusions passées pour avancer, faire ressortir le meilleur de moi-même et enfin gagner ce titre », confie-t-il. « Dans les moments plus compliqués, mon objectif a toujours été les play-offs, finir champion. Après, je ne joue pas pour montrer mais pour gagner. »
Le gardien évoque également l'exercice particulier des tirs au but, qu'il a connu trois fois durant ces play-offs (deux victoires, une défaite). « On ne va pas se mentir, c'est surtout mental avec une part d'analyse des tireurs adverses », détaille-t-il. « Je m'avance un peu sur le joueur pour essayer de couper les angles et ensuite il ne faut pas se faire battre sur la vitesse. C'est un moment que t'apprécie une fois que la victoire est là. Passer de toute la tension à la libération c'est très appréciable. »
Un groupe soudé et intelligent
De quoi est-il le plus fier avant de tenter de franchir cette dernière marche ? « De notre visage global », répond sans hésiter Papillon. « Quand on nous provoque, on ne répond pas. Quand on est mené, on parvient à rester calme, à jouer notre hockey et à revenir et ça fait 11 victoires pour deux défaites dans ces play-offs. Cette force mentale, c'est la grosse différence que je sens avec les années précédentes. Actuellement, nous sommes les plus intelligents. Nous sommes aussi un groupe qui s'écoute. On se dit les choses et on est capable d'entendre, ça aussi c'est important. »
Quant à sa place dans ce groupe, le gardien se décrit comme « le dernier rempart », à l'image de sa position sur la glace. « Ce n'est pas moi qui vais le plus parler, il y a des mecs qui font déjà ça très bien », précise-t-il. « Moi j'apporte juste ma vision globale par rapport à ma position sur la glace. Si je vois des éléments qui me gênent ou sur lesquels on pourrait être mis en danger, je le dis. »
Un titre qui couronnerait une saison de résilience
Que représenterait ce titre si les Boxers l'emportaient samedi ? « On a eu un début de saison difficile avec beaucoup de blessures et des mauvais résultats mais on a su se montrer résilient et repartir de l'avant », rappelle Papillon. « On a su changer le visage de l'équipe de la meilleure des manières en play-offs. Il n'y aurait pas de meilleure manière de finir champion qu'en battant Rouen et Grenoble. Maintenant, il reste un match, le plus dur et on fera les comptes au bout. »
Guillaume absent pour le match décisif
Le défenseur bordelais Julien Guillaume, victime d'un choc à retardement avec Valentin Grossetête mercredi, était sorti de la glace très secoué et commotionné alors que le Grenoblois n'était pas sanctionné. D'après le club, il allait mieux jeudi et récupérait doucement. Malheureusement, il ne pourra pas participer au match 5 sur lequel se joue déjà le titre ce samedi à Grenoble (20h30).
Finale (match 5, décisif pour le titre) : Grenoble - Bordeaux, ce samedi à 20h30 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble.



