Un nouveau départ pour les Bleues après la désillusion mondiale
La quatrième place obtenue lors de la Coupe du Monde 2025 en Angleterre a laissé un goût amer dans le camp français. Ce samedi, les Bleues de François Ratier entament leur reconstruction en ouvrant le Tournoi des Six Nations féminin face à l'Italie au stade des Alpes de Grenoble. « L'objectif du Tournoi c'est de le gagner, sinon c'est même pas la peine d'y rentrer », a martelé le nouveau sélectionneur, tout en mettant en garde contre toute sous-estimation de l'adversaire transalpin.
Une équipe profondément renouvelée
Arrivé en novembre pour succéder au duo Gaëlle Mignot - David Ortiz, François Ratier a opéré une véritable révolution dans l'effectif. Pour cette première rencontre, il aligne six joueuses totalement inexpérimentées au niveau international, dont trois titulaires : Mathilde Lazarko (26 ans) au talon, Anaïs Grando (23 ans) à l'aile, et Pauline Barrat (21 ans) à l'arrière. Trois autres débutantes, Cloé Correa (22 ans), Siobhan Soqeta (19 ans) et Aubane Rousset (22 ans), attendront leur chance sur le banc.
Cette jeunesse s'accompagne d'un repositionnement tactique significatif. La capitaine Manae Feleu recule en troisième ligne, tandis que l'ailière Joanna Grisez glisse au centre pour exploiter sa vitesse. Seulement sept joueuses ayant participé à la petite finale perdue contre la Nouvelle-Zélande le 27 septembre dernier sont reconduites dans le XV de départ.
Des cadres pour guider la relève
Malgré ce renouvellement massif, l'expérience n'est pas absente. Des piliers comme Madoussou Fall-Raclot (45 sélections), la demie de mêlée Pauline Bourdon-Sansus (71 sélections) et la centre Gabrielle Vernier (58 sélections) apportent leur leadership. « Morgane Bourgeois a un taux de réussite exceptionnel au pied, mais on pense qu'aujourd'hui Pauline Barrat est un peu devant sur les contre-attaques », a justifié Ratier concernant le choix de la jeune arrière toulousaine.
Une stratégie offensive assumée
Le sélectionneur affiche une philosophie de jeu claire : « Le rugby commence devant, c'est une vérité. On veut être capables de jouer 80 minutes et de les martyriser devant ». Cette approche explique la composition du banc en 6-2, avec six avants en réserve pour maintenir la pression physique. François Ratier se montre confiant dans l'assimilation des bases de son nouveau projet de jeu par l'équipe.
Sur le papier, les Françaises partent favorites avec une seule défaite en dix rencontres contre l'Italie depuis 2019, dont un 24-0 lors du dernier Mondial. Mais le technicien reste prudent face à une Nazionale dont la majorité des joueuses évoluent dans les championnats français et anglais.
Les ambitions pour la suite du Tournoi
Si l'Italie constitue la priorité immédiate, l'horizon s'étend jusqu'à une éventuelle finale contre l'Angleterre le 17 mai à Bordeaux. Les Red Roses, tenantes du titre, restent un obstacle majeur pour les Bleues qui ne les ont plus battues depuis dix-sept confrontations, dont la récente demi-finale mondiale perdue 35-17. « Il y a des centaines d'exemples dans le sport où se projeter trop loin c'est un retour de bâton. Donc l'Italie d'abord », rappelle prudemment Ratier.
Cette première journée du Tournoi verra également l'Angleterre affronter l'Irlande à Twickenham et le Pays de Galles recevoir l'Écosse au Principality Stadium de Cardiff. Pour les Bleues, le chemin vers la reconquête commence à Grenoble, porté par une génération prometteuse et une ambition clairement affichée.



