Louis Bielle-Biarrey, l'arme fatale du XV de France
Auteur d'un Six-Nations ahurissant, marqué par neuf essais, Louis Bielle-Biarrey trimbale une question dans son sillage : n'est-il pas le meilleur ailier sur la planète rugby actuellement ? « Sur le terrain, il règle tout le monde. Pour moi, c'est le meilleur ailier du monde », a déclaré Théo Attissogbe, commentant le sensationnel quadruplé signé par le Bordelais (22 ans, 27 sélections) dans un match décisif pour le gain du Tournoi, après la victoire face à l'Angleterre (48-46). Ce débat mérite de ne pas être circonscrit aux simples comptoirs de bars.
Des records qui tombent les uns après les autres
« Stratosphérique » depuis le début de la compétition, pour reprendre les propos de l'ailier de la Section Paloise, Louis Bielle-Biarrey affole les défenseurs avec sa vitesse de 37,8 km/h. Il est le premier joueur à inscrire neuf essais dans une même édition du Six-Nations, le premier à marquer à chaque match sur deux éditions consécutives, et le meilleur marqueur d'essais français depuis que la compétition est passée à six nations. Son quadruplé contre l'Angleterre est un exploit rare, égalant seulement celui de l'Anglais Chris Ashton en 2011.
Les superlatifs pleuvent sur le joueur français
Fabien Galthié, le sélectionneur du XV de France, a salué son ailier en ces termes : « Louis, c'est l'arme fatale », tout en reconnaissant la difficulté à trouver des qualificatifs pour décrire ses performances. Théo Attissogbe ajoute : « On se demande juste où est-ce qu'il va s'arrêter ». Même à froid, il est difficile d'identifier un ailier plus décisif que lui actuellement, tant ses contributions sont cruciales.
Qui pourrait le challenger au niveau mondial ?
Plusieurs individualités se sont illustrées durant ce Tournoi, mais aucune ne semble atteindre le niveau de Bielle-Biarrey. Le Gallois Louis Rees-Zammit, de retour au rugby après une tentative en NFL, a été flashé à 37,94 km/h, mais il évolue souvent à l'arrière et n'affiche pas la même constance. L'Irlandais Robert Baloucoune, avec son physique impressionnant, a séduit, mais il reste en deçà. Seul l'Écossais Darcy Graham s'est rapproché de l'altitude du Français, avec ses crochets électriques, mais il manque de cette capacité irrationnelle à marquer.
Les rivaux de l'hémisphère sud
Pour trouver des challengers sérieux, il faut se tourner vers l'hémisphère sud. Les Sud-Africains Kurt-Lee Arendse et Cheslin Kolbe, ainsi que le Néo-Zélandais Will Jordan, sont des adversaires redoutables. Patrice Lagisquet, ancien entraîneur de l'attaque des Bleus, observe : « Louis Bielle-Biarrey me fait beaucoup penser à Will Jordan. C'est un peu ce même profil d'arrière-ailier. Un super finisseur et un super créateur, capable autant de marquer que de faire marquer ».
Une lecture de jeu exceptionnelle
Si Bielle-Biarrey est un candidat crédible au statut de référence mondiale, ce n'est pas seulement grâce à sa vitesse. Sa capacité à être décisif résulte d'une lecture de jeu et d'un sens du timing exceptionnels. Arrière de formation, il possède un sens de l'espace incomparable et anticipe remarquablement les décisions de ses partenaires. Il travaille aussi méthodiquement à corriger ses défauts, comme dans les duels aériens ou en défense.
Au moment de commenter sa prestation, le Bordelais a préféré s'effacer derrière le trophée du XV de France : « Je trouve que les essais, c'est assez anecdotique ». Un propos qui montre qu'il banalise l'exceptionnel, renforçant encore son statut dans le débat sur le meilleur ailier du monde.



