Antoine Frisch, l'apôtre de la résilience, retrouve enfin les terrains avec Toulon
Publicité « Ma situation a été frustrante, mais je savais qu’elle n’allait pas durer éternellement » : Antoine Frisch, trois-quarts centre du Rugby Club Toulonnais (RCT), incarne la résilience après une longue période d'absence due à une blessure persistante au pied. Sur le flanc depuis début octobre 2025, il retrouve enfin les terrains ce samedi 28 mars 2026 face à Perpignan à 16h35. Une libération pour celui qui, depuis son arrivée au RCT, a manqué de chance, mais n'a jamais lâché prise.
Une libération attendue après des mois de galère
« Je mesure la chance que l’on a de jouer au rugby » : Antoine Frisch sait mieux que quiconque à quel point il a galéré pour être là où il est aujourd'hui. Lors de la conférence de presse d'avant-match de jeudi midi, pas d'accès de joie ou de satisfaction excessive pour le joueur de 29 ans, qui possède deux sélections en équipe nationale. Déjà parce que ce n'est pas son caractère, et sûrement parce qu'il se sait loin d'être arrivé. S'il entrevoit enfin le bout du tunnel, l'international a conscience que rien n'est gagné et qu'il a encore tout à prouver sur la rade.
Début février, rencontré au Campus RCT, le natif de Saint-Cloud semblait quelque peu désabusé : « Honnêtement, je ne sais pas ce que je vais raconter. » Son aventure avec Toulon semble, depuis son arrivée, compliquée. « Là, je vois un peu la fin de la galère, ajoute-t-il. J'ai repris la course avec Gilles Allou, le préparateur physique, et je vais très bientôt reprendre le rugby avec les skills, puis le collectif. Cela va arriver vite. »
Le chemin difficile d'une blessure récurrente
Depuis, Antoine Frisch a validé toutes ces étapes, jusqu'à se retrouver titulaire face à Perpignan. Mais le chemin a été dur. Victime la saison dernière d'une fracture de fatigue au pied, au niveau du sésamoïde, il n'avait pu disputer que onze matches avec son nouveau club, qualifiant cette première année de « cauchemardesque ». Remis pour le sprint final mais non retenu par l'entraîneur Pierre Mignoni, il s'est focalisé sur l'exercice suivant.
Il reprend : « Cet été, sur toute la prépa, je me suis senti hyper bien, comme sur les amicaux. À Bayonne, tout allait bien. Mais les symptômes sont revenus contre Pau, à Mayol, où j'avais marqué un essai avant de sortir. C'était exactement la même blessure. Je ne me voyais pas repartir sur une saison galère à traîner ça… et puis même, je ne pouvais plus. »
Le choix de l'opération et la résilience
Pour mieux comprendre, il faut se plonger dans l'historique de sa blessure. La saison dernière, en accord avec le staff médical, il avait choisi de ne pas se faire opérer, tentant de laisser cicatriser la fracture. « Sauf qu'en fait, en jouant et en m'entraînant, puisque je ne me suis pas vraiment arrêté, elle n'a jamais eu le temps de se décharger. » Regrette-t-il ce choix ? Il répond cash : « Non ! Je suis venu ici pour jouer et être sur le terrain. Du moment où on m'a dit que ça pouvait passer comme ça, la question ne se posait même pas. Mais je suis arrivé à un point où je n'étais pas à mon niveau et il fallait faire quelque chose. C'est pour ça que j'ai dû me faire opérer. »
Après le match du 4 octobre 2025 face à Pau, Antoine Frisch prend la direction de Lyon pour être opéré par Ronny Lopes, chirurgien orthopédiste reconnu. « J'ai eu de la chance, tout s'est bien passé, souffle-t-il. J'ai bien cicatrisé, j'ai pu reprendre dans les temps, je ne suis pas à plaindre. Il y a des mecs qui voient leur saison, voire leur carrière, se terminer sur une blessure. Ce n'est pas mon cas. Alors, je reste ultra-positif. Oui, ma situation a été frustrante. Oui, l'enchaînement a été compliqué à gérer, mais je savais que ça n'allait pas durer éternellement. Je n'ai pas de doute sur mes capacités à revenir. Maintenant, à moi d'être performant sur le terrain pour parvenir à gagner ma place. »
Un nouveau défi à relever
Le nouveau défi d'Antoine Frisch démarre sur la pelouse d'Aimé-Giral, 175 jours après son dernier match en tant que rugbyman professionnel. Avec la ferme intention « d'enfin montrer » le joueur qu'il est. Et au vu de sa résilience, si les planètes s'alignent, le trois-quarts centre risque de faire mal. Cela tombe bien, Toulon en a grandement besoin pour renforcer son équipe et poursuivre ses objectifs sportifs.



